Le maire de Lyon, des élus de la majorité locale et plusieurs collectifs demandent la dissolution de groupuscules d'extrême droite

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, interpelle à nouveau Gérald Darmanin pour réclamer la dissolution de l'association d'extrême-droite "Les Remparts", dont un membre vient d'être condamné pour une agression raciste.

Le style est direct, la demande pressante. "La dissolution de l'association « Les Remparts » n'apparait plus comme une option à étudier, mais comme un impératif à mettre en œuvre le plus rapidement possible", écrit Grégory Doucet au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Pour la troisième fois en deux ans, le maire de Lyon s'adresse à l'exécutif pour réclamer que l'État mette un terme aux activités de cette association d'extrême-droite lyonnaise, "connue depuis plusieurs années pour des actes violents et d'intimidation, et la promotion de valeurs contraires à la République", souligne l'élu dans son courrier, consulté par France 3 Rhône-Alpes.

Le maire de Lyon a été rejoint par le collectif Lyon en commun composé réunit des partis et mouvements politiques de gauche, des associatifs et des citoyens non encartés souhaitant s’engager dans la vie politique. Ces derniers estiment que : "ces groupuscules extrémistes et les associations constituées en nombre autour d’eux génèrent un climat d’insécurité et de peur pour les habitant.es. Ils incitent à la haine, à la violence et à la discrimination envers les personnes pour des raisons d’origine, d’ethnie, de religion ou d’orientation sexuelle".

Même du côté de la majorité présidentielle, Thomas Rudigoz (député de la première circonscription du Rhône) a annoncé sur le réseau social X, l'envoi d'une lettre écrite par les députés Renaissance du Rhône au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Ils appellent, eux aussi, à la dissolution de plusieurs groupuscules d'extrême droite. 

Des figures connues de l'extrême-droite

Cette nouvelle lettre intervient au lendemain du rassemblement, à Lyon, réclamant la fermeture des locaux des groupes violents d'extrême-droite.

Cette manifestation faisait notamment suite à la condamnation, le 6 février, de Sinisha Milinov. Cet homme de 22 ans, présenté comme l'un des leaders de l'association "Les Remparts", a écopé de seize mois d'emprisonnement, dont six fermes, pour des violences en réunion à caractère raciste sur trois personnes d'origine maghrébine, commises le 1er février à la sortie d'une boîte de nuit de Lyon.

Son arrestation a été rendue "possible grâce au centre de surveillance urbaine de la ville de Lyon", précise le maire Grégory Doucet, semblant faire écho à la polémique, lancée par le ministre de l'Intérieur, à propos du nombre de caméras de surveillance à Lyon, jugé insuffisant par Gérald Darmanin en 2021.

"Une chasse aux arabes"

Cette agression raciste "en préfigure d'autres", prévient l'édile. "Lors de l'attaque, les victimes ont témoigné être l'objet d'« une chasse aux arabes » et les coups et blessures reçus ont entraîné la déchirure par lame d'un œil, et des ITT allant de 4 à 10 jours", rapporte Grégory Doucet.

La dissolution de l'association "Les Remparts" doit permettre de "désorganiser l'extrême-droite lyonnaise qui se sert de son local comme base arrière pour ses « expéditions »", selon le maire, qui souligne "la très grande souffrance des habitants" de la rue où se réunissent ces groupes.

Sollicité, le cabinet de Gérald Darmanin n'a pas donné suite.