Une librairie indépendante de Lyon fait appel aux amoureux du livre pour assurer sa survie d'après confinement

Maya Soudan, co-propriétaire de la librairie Le Rameau d'Or fermée depuis le 17 mars pour cause de confinement général. Les cartons de retours aux éditeurs s'empilent, et la trésorerie est passée dans le rouge. Lyon 6ème. / © E. Soudan
Maya Soudan, co-propriétaire de la librairie Le Rameau d'Or fermée depuis le 17 mars pour cause de confinement général. Les cartons de retours aux éditeurs s'empilent, et la trésorerie est passée dans le rouge. Lyon 6ème. / © E. Soudan

Il y a d'abord eu les reports d'échéances. Puis la demande de prêt à la banque. Et maintenant, une campagne de financement participatif. Comme beaucoup de librairies indépendantes, Le Rameau d'Or à Lyon craint pour sa survie à la sortie du confinement. Focus sur ces commerces à faible rentabilité.

Par Aude Henry

Quand l'épidémie de coronavirus Covid-19 a fait ses débuts, Maya et Emilie ont commencé les cartons. Objectif : "effectuer des retours de livres pour récupérer un peu de trésorerie" pour cette librairie indépendante du 6ème arrondissement de Lyon. Sauf que tout s'est arrêté le 17 mars avec les mesures de confinement et la fermeture des commerces non-essentiels. Et les cartons n'ont pu être retournés.

Avec le confinement général décrété pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, le Rameau d'Or a donc fermé ses portes depuis plus de deux semaines. Et la librairie, presque centenaire, s'est vite retrouvée dans le rouge. "La période correspond à celle du paiement des commandes de livres de fin d'année dernière, de grosses traites qui nous mettent en difficulté" explique Emilie Marandel. Surtout après le rachat de la librairie qui date de début janvier.
 
La librairie Le Rameau d'Or en souffrance

Une campagne de financement participatif pour sortir la tête de l'eau


Emilie et Maya, employées depuis 20 et 10 ans du Rameau d'Or, ont racheté la librairie en début d'année. "En espérant faire quelques économies tout en reboostant l'activité". Mais avec la fermeture liée au confinement, les copropriétaires ont dû rapidement revoir leurs comptes. "En se basant sur une réouverture début juin, nous avons estimé à 75.000 euros, les fonds nécessaires à notre survie et nous permettre de voir l'avenir plus sereinement".

En attendant la mise en place de certaines aides, et en complément d'une demande de prêt de 50.000 euros auprès de la banque, Emilie et Maya ont donc lancé une campagne de financement participatif. Objectif : récolter 15.000 euros. Les amoureux du livre et fidèles clients ont immédiatement répondu à l'appel. En deux jours, les 2/3 de la somme ont été promis. Il reste 28 jours pour atteindre le montant total, sous peine de voir la campagne annulée et cette aide financière s'envoler.
 

Eviter aux libraires le mur d'endettement à la réouverture


"La période est très critique. Personne n'a de matelas. Et ce qui nous inquiète, c'est qu'au moment de la réouverure, les libraires se retrouvent face à un mur d'endettement" commente la vice-présidente du Syndicat de la librairie française. Et le souci majeur c'est que le secteur est l'un des moins rentables (moins d'1% en moyenne).

Maya Flandin explique que le syndicat milite aujourd'hui pour la mise en place d'un fonds d'aide à la librairie française. Des contacts ont été pris dans ce sens avec le Centre national du livre, le ministère de la Culture, ou encore les Régions. Car "les prêts ne suffiront pas à sortir de la crise économique annoncée. Il faudra de vraies subventions pour nous aider à nous renflouer". Surtout qu'à la réouverture, il faudra certainement respecter des consignes d'accueil du public encore quelques temps. Et les chiffres d'affaire seront impactés.



 

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