Lyon : 200 personnes se rassemblent après l'attaque qui a fait 4 blessés dans une association kurde

Dimanche 4 avril, un rassemblement de soutien a eu lieu à Lyon en début d'après-midi devant le local d'une association kurde, victime d'une attaque la veille. Quatre personnes avaient été blessées et les "loups gris", groupuscule turc ultranationaliste, mis en cause.

© Laure Crozat, FTV

Dimanche 4 avril 2021 : ils sont venus dès le matin de Montpellier, Marseille ou de la grande région Auvergne-Rhône-Alpes pour soutenir leurs amis. Quatre kurdes, membre de l'association culturelle kurde Mesopotamia de Lyon, qui avaient été blessés la veille dans une attaque attribuée aux "loups gris", un groupuscule turc ultranationaliste proche du président Erdogan.

Après s'être retrouvés devant le local associatif kurde de la place Mazagran (7eme arrondissement de Lyon), le cortège a pris la direction de la Préfecture, pour dénoncer la passivité des autorités françaises.

Mais la manifestation spontanée, donc non autorisée, a été dispersée par les forces de l'ordre alors que la cortège passait devant un restaurant turc dans lequel des personnes ont fait le signe de reconnaissance des loups gris

Quatres personnes blessées, une est toujours hospitalisée

L'attaque "fasciste" selon les mots du comité démocratique kurde en France (CDK-F) a eut lieu samedi en début d'après-midi. 20 à 25 personnes cagoulées, armées de barres de fer, de battes de baseball et d'armes blanches, ont pénétré dans le local, s'en prenant ensuite aux quatres personnes présentes, qui ont été blessées. 

D'après les victimes, les agresseurs -dont la nationalité n'a pas formellement été établie pour l'heure- s'exprimaient en turc. Pour les personnes passées à tabac, comme pour les associations kurdes proches de la maison de la Mésopotamie, il ne fait pas de doute que ce sont les "services turcs" qui ont instrumentalisé des "loups gris" de la région lyonnaise ou d'ailleurs. 

Pour les kurdes de Lyon, ce sont les mêmes extremistes qui seraient derrière les graffittis apposés quinze jours plus tôt sur la porte du bâtiment, avec les initiales du président turc et le logo du parti turc d'extrême droite MHP. 

L'absence de condamnation interroge

24 heures après les faits, il est frappant de constater à quel point l'agression n'a fait l'objet de quasiment aucune condamnation publique de la part de la mairie de Lyon, la Métropole, la préfecture, la région, le ministère de l'Intérieur ou les représentants lyonnais des principaux partis politiques.

A cette heure, seuls les représentants locaux du PCF et la député France Insoumise Clémentine Autain (tweet ci-dessous) se sont publiquement exprimés pour dire leur indignation.

Du côté des manifestants, l'un d'entre eux a confié à notre équipe de reportage que la dissolution des loups gris en France n'avait rien résolu. Et de préciser "le fait que les représentants des loups gris en France ne soient pas arrêtés (malgré les multiples exactions qui leurs sont attribuées) leur donne un sentiment de liberté, d'impunité."

 

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