Lyon : 36 familles de personnes disparues souhaitent que les dysfonctionnements de la justice cessent

36 familles de victimes se sont réunies ce samedi à Lyon pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice dans les affaires de disparition inquiétante. / © France 3 Rhône-Alpes/Arnaud JACQUES
36 familles de victimes se sont réunies ce samedi à Lyon pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice dans les affaires de disparition inquiétante. / © France 3 Rhône-Alpes/Arnaud JACQUES

36 familles de personnes disparues se sont réunies ce samedi à Lyon dans l'espoir que la justice et le gouvernement les entendent, afin que les dossiers de disparitions soient mieux pris en charge.

Par Arnaud Jacques

Ils étaient une cinquantaine de personnes réunies ce samedi à Lyon, 50 personnes à la recherche de la vérité concernant leurs proches disparus. Dans cette salle, ce n'est pas la colère qui domine, mais l'incompréhension. En effet, ces familles de 36 victimes dénoncent des dysfonctionnements dans leurs enquêtes, et leurs difficultés à faire considérer ces disparitions comme inquiétante.
 

Pris au sérieux après la découverte d'un crâne 5 ans après les faits


Comme ce père d'un jeune homme de Villeurbanne, disparu en 2013, qui témoigne devant l'assemblée: "Le premier choc, c'est quand on apprend qu'on ne peut pas chercher une personne majeure. On a réussi à faire ouvrir une enquête car il avait témoigné de son mal-être avant de disparaître". L'enquête révélera que le jeune homme a retiré de l'argent à la Part-Dieu avant d'acheter un billet pour Modane. Puis l'enquête piétinera. On rappellera à cette famille franco-syrienne ses origines du Moyen-Orient en disant que la victime voulait probablement retourner en Syrie. Une ineptie pour le père: "Mon fils était français et syrien, comme moi. Pour aller en Syrie, je n'ai pas besoin de franchir des frontières dans les Alpes. Je prends l'avion légalement." L'enquête reprendra en 2018, avec la découverte du crâne de la victime dans les montagnes de Modane. La gendarmerie locale prendra alors l'affaire au sérieux.
 

La disparition de Mohamed Abdelhadi: le symbole des dysfonctionnements


Le 11 décembre dernier, la Cour de Cassation a confirmé la prescription du meurtre de Mohamed Abdelhadi survenu en 2001. En effet, une plainte déposée en 2008, qui devait relancer la prescription, a été égarée. Le coupable, qui a avoué le meurtre et a permis la découverte du corps en 2016, a été remis en liberté.
La soeur de Mohamed Abdelhadi, Naouel, était présente cet après-midi pour rappeler l'histoire de son frère et présenter sa pétition, adressée à la ministre de la Justice et au Président de la Répblique, qui a recuelli plus de 158.000 signatures.

Le président de l'ARPD (assistance et recherche des personnes disparues), Bernard Valézy souhaite "que tous ces dysfonctionnements cessent. Malgré les propositions faites depuis plusieurs années par l'ARPD auprès des ministères de la Justice et de l'Intérieur, rien ne bouge. Nous demandons l'organisation d'assises pour décrire les difficultés que les familles rencontrent. Il est inadmissible qu'avec 18.000 disparitions inquiétantes par an, il n'y ait pas de dispositif sérieux". Le représentant de l'ARPD pense notamment à l'ouverture d'une enquête dès l'annonce de la disparition, car les 48 premières heures sont cruciales dans ces dossiers.

L'ARPD réunit régulièrement ces familles de victimes, en particulier depuis l'affaire de la petite Maëlys, puisque plusieurs familles voient en Nordhal Lelandais un coupable présumé.


 

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