Lyon : 50 agents se mettent au vélo ou à la marche pour aller au boulot, et c'est tout bonus pour leur santé

L'opération baptisée "Mille Bornes : 6 mois pour changer de comportement de mobilité" a fait l'objet d'une expérimentation dans la Métropole de Lyon. Une cinquantaine d'agents ont accepté de changer de mode de déplacement. Ont pris le vélo ou fait de la marche. Et les résultats sont positifs.
Prendre le vélo plutôt que le tramway ou sa voiture pour aller au boulot : 50 agents de la Métropole de Lyon ont mené l'expérience durant six mois. Bilan : c'est bon pour le moral et la santé !
Prendre le vélo plutôt que le tramway ou sa voiture pour aller au boulot : 50 agents de la Métropole de Lyon ont mené l'expérience durant six mois. Bilan : c'est bon pour le moral et la santé ! © Richard Mouillaud/MaxPPP

"Tester et valider des dispositifs incitant à la pratique des mobilités durables", c'est tout l'objectif d'un programme européen, concrétisé par une expérimentation menée notamment à Lyon dans le courant de l'année 2020. Durant six mois, une cinquantaine d'agents de la Métropole ont ainsi accepté de troquer la voiture et les transports en commun pour la marche ou le vélo. Les participants ont eu droit à une visite médicale au début et à la fin de la période de test. Et les résultats, présentés en cet été 2021, sont positifs. Tant sur le plan physique que mental.

L'argument de la santé tient la route

Juin 2020 : les cinquante volontaires font un premier bilan de santé au sein du service de médecine du sport de l’hôpital de la Croix-Rousse. Puis se voient remettre une montre connectée afin de mesurer leur activité physique quotidienne. Laurence participe à l’expérimentation. Pour se rendre de son domicile à son travail, elle troque sa voiture et habituels tickets de tramway pour le vélo. Six mois plus tard, nouvelle visite médicale et questionnaire pour faire le bilan : l’expérience n’a pas eu d’impact visible sur sa santé,  mais "elle a eu un effet positif sur mon moral et m’a aidée à mieux gérer mon stress".

Les résultats présentés à la fin 2021 tendent à prouver l'effet positif sur la santé et sur la qualité de vie des participants. Ils se disent majoritairement "moins essoufflés, moins fatigués". Leur sommeil est de meilleure qualité, et pour parfaire le tout, ils se sont musclés. 

Beaucoup de participants évoquent une diminution de leur stress et un gain d’énergie.

Xavier Brisbois, psychologue social spécialiste des changements de comportement, auteur de l'analyse de l'enquête

De nouveaux militants des mobilités actives

Les données fournies par les montres connectées indiquent que le nombre de pas des participants est passé de 68.184 en juin 2020 à 80.862 en octobre 2020, soit 12.678 pas supplémentaires. C'est avéré, les agents de la Métropole de Lyon ont davantage marché ou pédalé et ce, de façon durable. La crise sanitaire et le télétravail ne sont pas les seules explications à ces changements de pratiques. Selon Xavier Brisbois, le psychologue qui a mené et analysé l'enquête qualitative : 

Les personnes sont satisfaites d’avoir participé à l’opération. Les critiques éventuelles ne portent pas sur l’expérimentation elle-même mais sur les difficultés qu’elles ont pu rencontrer en adoptant des mobilités actives, notamment sur les problèmes de pratique du vélo en ville. Ce qui tend à indiquer que les participants sont devenus des militants des mobilités actives !

Prenez Laure, par exemple. Après les six mois d'expérimentation, elle reste fidèle à son vélo, avec le sentiment de "faire une bonne action pour elle et pour le territoire". Certes, tous n'ont pas changé radicalement de mode de déplacement après la période de test.
Le changements d'habitudes n'était d'ailleurs pas leur première motivation. En tête, c'était la santé. À Lyon, l'argument tient la route pour inciter aux mobilités actives.

Mille Bornes, 6 mois pour changer de comportement de mobilité

L'expérimentation a été conduite à Lyon par l'agence régionale Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement (AURA-EE), ainsi que l'Ademe, l'agence de la transition énergétique. Elle s'inscrit dans le cadre d'un projet européen, baptisé Melinda.

Ce projet est financé à hauteur de 1,8 million d’euros, sur la période 2018-2021, par l’Union Européenne. Il devait également être déployé à Annecy, et l'expérience proposée, non seulement aux agents de la collectivité mais également au grand public. Mais l’expérimentation a été repoussée du fait de la crise sanitaire.

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