Lyon : Christophe Castaner en visite à Lyon, attendu par les policiers et les élus

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est en visite à l'école des commissaires de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Un déplacement dans un contexte crispé : les policiers attendent plus de protection tandis que des élus s’inquiètent d’une possible fermeture de commissariats.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner © Thomas SAMSON / AFP
Chaque année, le ministre de l’Intérieur assiste à la cérémonie de sortie des promotions des commissaires et d’officiers de l’École Nationale Supérieure de la Police, située à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Christophe Castaner est donc arrivé dans la région lyonnaise ce vendredi matin.
 

Sous la pluie! Après avoir passé en revue les promotions de l’école, il a pris la parole pour s’adresser directement à ses agents :

"Policiers, vous n'êtes pas seuls, moi et Laurent Nuñez sommes là pour vous défendre, vous et votre honneur. Vous n'êtes pas seuls !".

Il faut dire que le torchon brûle entre les syndicats de police et le ministre depuis plusieurs semaines. Le 11 juin, une centaine de fonctionnaires se rassemblait devant le commissariat du 2e arrondissement de Lyon, mettant leurs menottes au sol pour dénoncer le manque de moyens et surtout de soutien de la part de leur ministre autour de la question des violences policières. Quelques jours plus tard, un des leurs, se faisait agresser en dehors de son service alors qu’il rentrait chez lui. S’en était suivi dans les rues de Lyon une série de manifestation des fonctionnaires. 
 

11 élus de la métropole défendent leur commissariats

Christophe Castaner a tenté d’apaiser ses troupes mais il lui faut également aujourd’hui rassurer les élus de la Métropole. Dans un courrier, en date du 25 juin, onze maires de l’agglomération ont sollicité une rencontre avec le ministre. Ils redoutent la fermeture de commissariats dans la banlieue lyonnaise au profit de la création de «super-commissariats» dans la ville centre de Lyon et à Villeurbanne. Dans ce courrier, ils soulignent également un déficit d’agents sur le terrain :

«Dans un territoire métropolitain où manquent déjà plus d’une centaine d’effectifs de Police Nationale, vous allez, si cette mesure est adoptée, abandonner totalement les villes populaires de la périphérie lyonnaise aux délinquants et aux trafiquants qui font déjà vivre un véritable enfer à nombre de nos administrés».

Les élus redoutent une nouvelle organisation qui aurait pour conséquence «un allongement des délais d’intervention, une rupture du lien entre la police nationale et la population ou encore un impact sur la surveillance des points de deal».

Parmi les signataires de cette lettre figure Alexandre Vincendet, maire de Rillieux-la-Pape. Sur sa commune, le 8 mai dernier des policiers de patrouille et 2 équipages de la police municipale avaient été pris à partie par une trentaine d’individus. Jets de projectiles, insultes et outrages, des renforts avaient été déployés. Dans cette affaire, 6 hommes ont été interpellés jeudi 25 juin au matin et 5 sont jugés aujourd’hui, vendredi 26 juin, en comparution immédiate. Le maire de la ville se félicite de la coopération entre les différents services et rappelle la nécessité de maintenir les commissariats sur son territoire :

«C’est un vrai travail de collaboration entre la police municipale et la police nationale. A Rillieux, on a un des plus faibles taux de délinquance et un des plus forts taux de résolution. C’est le fruit d’un engagement des policiers municipaux, des policiers nationaux, de la coordination entre les services de l’état et de la commune d’où le fait que pour moi on ne peut pas démanteler les commissariats, c’est juste pas possible ! Nous, ça nous permet d’être en lien direct avec la hiérarchie policière sur nos communes, ce qui n’existerait plus si des super commissariats étaient créés. Parce que vous n’auriez plus sur place des commandants de police qui sont des interlocuteurs privilégiés».
 

Le courrier des élus métropolitains a été remis en main propre à Christophe Castaner. Le ministre a assuré que ces projets de fermeture et de réorganisation des commissariats ne verraient pas le jour.
 
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