Lyon : le confinement a coûté 1 million d'euros à l'église catholique

Le diocèse de Lyon chiffre à 1 million d'euros la perte sèche due à la fermeture des églises pendant le confinement. La nouvelle campagne du denier du culte qui démarre le 14 juin, revêt donc une importance accrue.
La Basilique de Fourvière, symbole de l'Evêché de Lyon, a rouvert ses portes après 10 semaines de fermeture
La Basilique de Fourvière, symbole de l'Evêché de Lyon, a rouvert ses portes après 10 semaines de fermeture © photo : Pascal Jacquet/Diocèse de Lyon

Elle aurait dû démarrer comme chaque année le dimanche des Rameaux mais la campagne annuelle de dons à l'église catholique ne sera effective que le dimanche 14 juin, jour de la fête du Saint Sacrement. Les catholiques, comme les pratiquants d'autres religions, étant privés de leurs lieux de culte, la campagne dite du "denier du culte" n'a pu se dérouler comme prévu.

La fermeture des 420 églises du diocèse de Lyon pendant dix longues semaines, a même entraîné une perte de sèche d'1 million d'euros. "Et encore, nous sommes en dessous de la réalité", explique Véronique Bouscayrol, l'économe diocésaine de l'Evêché. "Le confinement était en place pendant la Semaine Sainte, traditionnellement la plus grosse période d'affluence dans les églises. Sans compter les baptêmes et les mariages, traditionnellement plus nombreux au printemps et qui donnent lieu à des quêtes importantes".

Si les églises catholiques ont rouvert leurs portes le samedi de la Pentecôte, il n'a pas paru pertinent à l'Archevêché de lancer tout de suite son appel aux dons : "il fallait laisser le temps aux fidèles de retrouver le chemin des églises et une vie un peu plus normale".

L'Eglise, une entreprise qui connait la crise

Depuis la loi de 1905 qui séparé l'Eglise de l'Etat, la communauté catholique vit essentiellement de ses dons. Dans le diocèse de Lyon, ces dons financent le salaire des 431 prêtres, 153 laïcs salariés et la formation de 21 séminaristes et 97 diacres.

Alors l'Eglise de Lyon, autrement surnommée la Fille Ainée de l'Eglise de France, a dû s'adapter. "On a puisé sur la trésorerie", explique Véronique Bouscayrol. "Nous avons pris des mesures de report d'échéances, mis au chômage partiel 96 des 120 postes Equivalent Temps Plein, exactement comme dans une entreprise. Beaucoup des salariés de l'Evêché se sont retrouvé en télétravail ce qui nous a obligés à accélérer notre passage à l'ère du digital."

L'an dernier, le diocèse avait récolté 8 801 000 euros très exactement. Le don moyen s'élève à 347 euros, 100 euros de plus que la moyenne nationale. Le diocèse est en effet beaucoup plus peuplé que dans d'autres régions et le pouvoir d'achat y est aussi plus élevé.

Comme pour tous les autres dons, le denier du culte est déductible des impôts. 

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