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Lyon : près de 2 kg de prospectus par mois dans les boîtes aux lettres

En plus de leur coût environnemental, les prospectus coûtent 45€ par an et par habitant, payés indirectement pour leur conception. S'y ajoutent les frais de destruction par la collectivité. / © Maxppp / Jean Francois Frey
En plus de leur coût environnemental, les prospectus coûtent 45€ par an et par habitant, payés indirectement pour leur conception. S'y ajoutent les frais de destruction par la collectivité. / © Maxppp / Jean Francois Frey

Selon l'UFC-Que Choisir, chaque ménage de Lyon ou du Rhône reçoit près de 2 kg de prospectus publicitaires par mois dans sa boîte aux lettres. Un poids qui n'a pratiquement pas baissé en... 14 ans.

Par Mathieu Boudet

L'UFC-Que Choisir a mené une enquête sur la quantité de prospectus publicitaires distribués au quotidien dans la métropole de Lyon et dans le Rhône. L'association de consommateurs en conclut que leur poids moyen (1.9 kg/ménage/mois) n'a pratiquement pas diminué par rapport à celui évalué en 2004 (2kg/ménage/mois).

 

Le Rhône dans la moyenne 


L'association a mobilisé 224 bénévoles pour procéder à des tests dans 15 départements de France. En Auvergne Rhône-Alpes, 10 testeurs pour le Rhône, et 27 pour la Savoie, ont compté, pesé et identifié les "publicités non adressées" reçues dans leurs boîtes aux lettres durant le mois de mai dernier. En extrapolant le résultat, l'UFC Que Choisir estime que pour le seul département du Rhône, en un an, ce sont 14 208 tonnes de déchets qui sont issus de ces prospectus. Le Rhône s'inscrirait ainsi dans la moyenne des résultats compilés dans les autres départements testés.  

 

Auchan, Carrefour et Casino sur le podium


Selon les résultats de l'enquête, "les groupes de la grande distribution sont de loin les plus grands pollueurs publicitaires".  Dans le département du Rhône et dans la métropole de Lyon, ce sont Auchan, Carrefour et Casino qui inondent le plus les boîtes aux lettres.
Ces enseignes constituent, à elles seules, 35 % du total des publicités reçues par les volontaires n’ayant pas de « stop pub » sur leur boite aux lettres. 


 

Appel aux pouvoirs publics


Malgré le développement d'internet, et 14 ans après le lancement du premier plan national sur la prévention des déchets, qui devait notamment réduire la pollution publicitaire dans les boites aux lettres, les annonceurs continuent donc à imprimer massivement des publicités. Pour Michel Boutard, président de l'UFC du Rhône,  "s'il n'y a pas une prise de conscience des pouvoirs publics, ça continuera."

Côté pouvoirs publics, l'association appelle à la mise en œuvre "d’un malus véritablement dissuasif sur l’éco-contribution payée par les professionnels afin de pénaliser réellement cette pratique publicitaire" . Côté particuliers, elle encourage l'utilisation des autocollants "Stop pub", qui permettent de refuser la réception de publicités non désirées.


 

L'autocollant "Stop Pub"


L'efficacité de l'autocollant "Stop Pub" a également été mesurée lors de cette enquête. Il apparaît qu'en moyenne, selon l'association, 41 prospectus pour un poids de 1,9 kilos sont déposés dans les boites non équipées du logo « Stop Pub », contre seulement un prospectus et 45 grammes quand il est présent, soit une réduction de 99,8 % en poids.

Néanmoins, seulement 20% des français utilisent le fameux sticker. L’UFC-Que Choisir Lyon Metropole & Rhône indique qu'elle les fournit gratuitement aux habitants qui le lui demandent, et que de nombreuses mairies les mettent à leur disposition.


 

Un coût environnemental... Et financier 


Une partie de la production de papier pourrait être recyclée. Mais même si l’objectif de recyclage du gouvernement était atteint (fixé à 65% d'ici 2022), il resterait 5 520 tonnes de papier brûlé chaque année.

Cette pollution publicitaire coûte par ailleurs cher au consommateur : en amont, près de 3 milliards d’euros sont dépensés chaque année, soit 45€ par habitant pour éditer ces prospectus. En aval, le coût de collecte et de traitement des déchets papiers non recyclés reste à la charge des contribuables à travers la taxe sur les ordures ménagère.






 


















 

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