Lyon : la production de congélateurs pour des vaccins contre la Covid s'organise

L'entreprise Froilabo, située à Meyzieu dans la métropole de Lyon, est la seule de France à concevoir des congélateurs très basse température pour stocker les vaccins de Pfizer-Moderna contre la Covid-19. Ses commandes commencent à grimper.
Selon les premières données d'études de Pfizer-Moderna, son vaccin doit être conservé à une température d'environ -70°c. D'autres vaccins en cours de développement pourront, eux, être stockés à des températures moins basses.
Selon les premières données d'études de Pfizer-Moderna, son vaccin doit être conservé à une température d'environ -70°c. D'autres vaccins en cours de développement pourront, eux, être stockés à des températures moins basses. © Arnaud Journois / Maxppp
La France ne lui a pas encore passé commande, constate-t-on ce 28 novembre, mais l'entreprise se prépare. Froilabo, situé à Meyzieu, dans la Métropole de Lyon, est l'unique fournisseur national de congélateurs capables de stocker les vaccins de Pfizer-Moderna contre la Covid-19. L'entreprise met les bouchées doubles pour répondre à l'envolée prévisible de la demande.

 

Hausse des commandes de l'étranger

Depuis quelques jours, les commandes commencent à arriver au siège de Froilabo à Meyzieu, dans la métropole de Lyon. Des commandes venues de l'étranger, mais pas encore de l'Hexagone. "Chez nous, ça consulte. Les autres Européens sont beaucoup plus concrets. La prise de décision y est plus rapide", relève le directeur général de la société Christophe Roux. "Nous n'avons pas encore reçu de commandes spécifiques" de France, ajoute M. Roux, même si celui-ci n'exclut pas que certains des équipements récemment commandés puissent finalement servir à stocker des vaccins.

 

La demande devrait exploser

Si les vaccins traditionnels se conservent bien au réfrigérateur, ceux mis au point par les laboratoires américains Moderna et Pfizer contre la Covid-19, nécessitent d'être stockés à très basse température (-70°). Avec une poignée d'autres fabricants, Froilabo produit des congélateurs capables de ce type de performances avec un très haut degré de fiabilité. Ils servent en temps normal à conserver des prélèvements biologiques, si nécessaire pendant des dizaines d'années. Leurs clients: les hôpitaux et les centres de recherche. Avec l'arrivée des nouveaux vaccins anti-Covid, ce marché de niche - M. Roux estime la demande française à environ 3 000 unités par an - devrait exploser. "S'il y a encore beaucoup d'incertitudes, on a les produits, on a la technologie et on fait en sorte d'être prêt si on devait avoir besoin de nous", relève Tony Grandmenil, directeur administratif et financier.
        

"Nous triplons nos capacités"   

"Nous sommes en train de tripler nos capacités par des investissements et des réorganisations", explique M. Roux. Un programme engagé avant l'arrivée de l'épidémie et qui devrait s'achever en février. Un congélateur de 700 litres coûte environ 12 000 euros. "Ce ne sera pas le pharmacien du coin qui pourra l'acheter", relève M. Grandmenil. Combien ces congélateurs pourront-ils contenir de doses de vaccins ? Tout dépendra du conditionnement utilisé. Les plus grands congélateurs fabriqués par Froilabo, d'une capacité de 1 000 litres, devraient pouvoir accueillir 58 000 flacons de vaccins "de type Pfizer". Ce qui représente, à raison de 5 doses par flacon, environ 290 000 doses. Reste à connaître l'organisation logistique décidée par l'Etat, qui doit notamment déterminer comment le vaccin sera acheminé vers l'utilisateur final sans rupture de la chaîne de froid.
 
 

La course aux congélateurs

Fondée en 1918 à Lyon sous le nom Coupié pour fabriquer des couveuses à bébé, Froilabo construit aujourd'hui des appareils de laboratoire capables de produire du chaud et du froid. Les congélateurs représentent la plus grosse partie de sa production, exportée pour plus de moitié. Par rapport à ses grands concurrents, les géants américain Thermo Fisher Scientific, chinois Haier et japonais PHC, voire même les groupes allemands Binder et Eppendorf, la société française est un poids plume, avec ses 80 salariés. La société s'appuie néanmoins, en matière de recherche, sur l'aide de sa maison-mère, le groupe écossais de matériel scientifique Techcomp. Et pour la production en série, elle s'appuie par ailleurs sur une usine à Pitesti en Roumanie.

La société reste discrète sur ses performances économiques, mais elle semble positionnée sur un créneau porteur en ces temps de Covid, et de nouvelles commandes importantes devraient arriver, cette fois, de la France.
 
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