VIDEO. Lyon : troisième soirée d'incidents et d'échauffourées, cette fois-ci à Bron, une voiture de police endommagée

De nouvelles échauffourées ont éclaté et plusieurs véhicules incendiés à Bron (Métropole de Lyon) dans le quartier de Parilly samedi 06 mars. Il s'agit de la troisième soirée de tensions pour la Métropole de Lyon. "On s'attend à être caillassés" reconnaît sur place le préfet délégué à la sécurité.

Des incendies et des échauffourées ont éclaté samedi 03 mars à Bron, dans le quartier de Parilly, pour la troisième nuit consécutive pour la Métropole, après La Duchère à Lyon et Rillieux-la-Pape vendredi.
Des incendies et des échauffourées ont éclaté samedi 03 mars à Bron, dans le quartier de Parilly, pour la troisième nuit consécutive pour la Métropole, après La Duchère à Lyon et Rillieux-la-Pape vendredi. © P. Rejany / FTV

Plusieurs incendies et des échauffourées ont éclaté à Bron (Métropole de Lyon), samedi 6 mars vers 18h30, dans le quartier Parilly. Pour la Métropole, il s'agit de la troisième soirée consécutive de tensions entre des groupes de jeunes et les forces de l'ordre.

"Une volonté de casser du flic"

Une voiture de police a été prise d'assaut par un groupe d'une trentaine de jeunes cagoulés, qui se sont littéralement jeté sur elle pour pulvériser le pare-brise et les vitres. Cette vidéo, relayée par un syndicat de commissaires de police le SICP, montre le guet-apens lancé par un groupe d'individus.

Pour une source proche de ce dossier, "les policiers ont su garder leur sang-froid et leur professionalisme. Heureusement que personne n'a été blessé."

Les policiers de police-secours du 8e arrondissement de Lyon ramenaient, hier, un mineur dans un foyer, quand il ont été, en ressortant, alertés de la présence d'une jeune femme ensanglantée sur un trottoir. C'est en portant secours à cette victime, que leur véhicule a été la cible d'une trentaine d'individus qui se sont acharnés. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs du délit.

"On ne fait que monter crescendo" depuis jeudi dernier selon cette même source: "il y a une volonté de casser du flic maintenant." Les policiers concernés sont aujourd'hui "très choqués". Ce responsable craint que les jeunes de certains quartiers ne se donnent le mot, pour montrer "leur savoir-faire", et faire parler de leur quartier. Il décrit "des armes de guerre dans les mains de gamins", comme les coktails molotov et des mortiers de feux d'artifice, lancés parfois de très très près vers les forces de l'ordre. Il conclue: "on espère que les renforts envoyés vont stopper l'embrasement actuel."

Le renfort de 200 policiers

Ces tensions sont intervenues quelques heures à peine après l'annonce du ministre de l'Intérieur de l'envoi de 200 policiers en renfort dans la Métropole de Lyon, pour faire revenir le calme.

Dans les rues, plusieurs poubelles ont été incendiées, sans faire de blessés. Plusieurs mortiers de feux d'artifice ont été tirés. Au moins deux voitures de particuliers ont brûlé selon un tout premier bilan provisoire. Les policiers ont reçu des jets de projectiles. D'importantes forces de l'ordre ont été envoyées sur place. Cinq personnes ont été interpellées. Des barrages de police sont en place pour quadriller la zone.

Vers 20h30, la situation était décrite comme "maîtrisée mais tendue" par les forces de l'ordre, plusieurs véhicules continuaient de brûler.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a tweeté : "Aucun acte de violence ne saurait être accepté. Soutien aux forces de police."

Le préfet annonce : "on s'attend à être caillassés"

Sur place Thierry Suquet, le préfet délégué pour la défense et la sécurité, explique que la police quadrille les quartiers sensibles autour de Lyon grâce aux renforts déployés. Il fait le lien avec les deux précédentes soirées de tensions: "Vous l'avez constaté, deux soirs avec des flambées de violence, donc la tentative de ce soir n'est pas une surprise. Nous étions présents avec des forces et avec la volonté de montrer que nous ne laisserons rien passer."  Ces renforts policiers doivent rester "le temps nécessaire" dit-il.

Il ajoute: "On n'accepte pas ce climat malsain. Nous sommes intervenus très vite ce soir à Bron. Tous les soirs en ce moment, l'objectif c'est de prendre à partie les policiers, donc là aussi on s'attend à être caillassés. Ce soir plusieurs petits groupes ont tenté de s'en prendre à la police. La présence des forces de l'ordre a permis de limiter ces exactions."

 

Le préfet Thierry Suquet : "On s'attend à être caillassés"

"Une extrême minorité d'individus"

Le 24 février, dans le même quartier, le maire de la ville (LR) Jérémie Bréaud avait subi l'attaque d'une bande de jeunes qui avaient caillassé la voiture qu'il utilisait ce jour-là.

Sur les réseaux sociaux, le maire dénonce ce soir "un guet-apens". Il ajoute : "Je salue le courage des policiers municipaux et nationaux qui interviennent face à une extrême minorité d'individus qui n'ont pas compris que le temps du laxisme est terminé à Bron".

Il ajoute : "Je veux aussi m'adresser à celles et ceux qui jettent de l'huile sur le feu en colportant des mensonges auprès des jeunes à des fin électoralistes. Ce procédé n'a jamais fonctionné. Si des incidents graves arrivent, ils en seront responsables". 

Le calme semble revenu à Bron aux alentours de 21h30.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers polémique société