Lyon : un herboriste condamné pour agressions sexuelles sur des clientes

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Écrit par Fatima Bouyablane (avec les propos recueillis par Sylvie Adam)
A Lyon, un herboriste est poursuivi pour ‘’agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction’’.
A Lyon, un herboriste est poursuivi pour ‘’agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction’’. © France 3 Rhône-Alpes

Il est biologiste de profession et gère une herboristerie depuis 2012 dans le 2e arrondissement de Lyon. Il a été mis en examen pour ''agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction''. Il est condamné à 3 ans de prisons dont 1 de sursis.

Deux ans de prison ferme, c'est la peine que le Tribunal judiciaire de Lyon a infligé à Moustapha S, un herboriste de 71 ans du 2ème arrondissement de Lyon pour ''agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction''.

Au total, dix clientes ont portés plainte, quatre se sont constituées parties civiles. Les faits ont été commis entre le 1er avril 2014 et le 4 octobre 2017. Il profitait d'un service de massage lymphatique pour agresser sexuellement ses victimes.

Des victimes sous emprise 

"Il y avait une emprise. Il choisissait ses victimes", explique Bénédicte Del Vecchio-Zinsh, l'avocate d'une des parties civiles. "C'était toujours des jeunes filles fragiles, qui viennent déjà pour demander de l'aide auprès du professionnel qu'il se dit être. Ce sont, des jeunes femmes complètement sous l'emprise avec un homme qui sait parler, qui sait mettre en confiance et qui sait amener là où il veut, c'est-à-dire au fond de sa boutique pour faire les actes que l'on lui reproche aujourd'hui''

''Après l’agression il y a un sentiment de honte, de culpabilisation qui isole et qui rend impuissante, confie l'une des victimes. Même après avoir porté plainte on continue d’avoir ces sentiments-là parce que le processus qui s’enclenche derrière continue à nous isoler et à nous culpabiliser''


L'herboriste avait été placé en garde à vue le 5 octobre 2017, puis une information judiciaire avait été ouverte. Il a été mis en examen pour ''agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction’' et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec les victimes et interdiction d’exercer une activité le mettant en contact physique avec des patientes.

L'instruction est close le 30 juin 2020. L'herboriste est alors autorisé à exercer de nouveau. Mais depuis la fin de l'instruction, deux autres victimes présumées ont porté plainte. 
Le procès de l'herboriste s'ouvre ce mardi 7 décembre devant le tribunal judiciaire de Lyon. L'agresseur présumé, âgé de 71 ans, comparaît détenu après une plainte pour viol à son encontre.

''Un sentiment de honte''

''Après l’agression il y a un sentiment de honte, de culpabilisation qui isole et qui rend impuissante, confie l'une des victimes présumées. Même après avoir porté plainte on continue d’avoir ces sentiments-là parce que le processus qui s’enclenche derrière continue à nous isoler et à nous culpabiliser. C’est pour ça que j’ai ressenti le besoin d’entrer en contact avec d’autres victimes, pour sortir de la honte et se sentir plus fortes ensemble. J’ai porté plainte contre lui pour qu’il soit hors d’état de nuire, qu’il ne puisse plus exercer''.

Je pense que toutes les clientes ne sont pas des proies, avance une autre victime. Il les choisit à son goût, en fonction des faiblesses des clientes. J’étais venue chercher un soin de bien-être, j’ai ressenti un mal-être. J’ai été victime d’agression sexuelle car il s’est servi de mon corps à travers un soin, pour moi aujourd’hui, à travers un alibi, pour pouvoir me regarder et me toucher. J’étais à sa merci. J’avais un profond malaise, je sentais qu’il m’utilisait, je ne savais pas comment partir parce que j’avais peur. Aujourd’hui je le vois comme un viol. Jamais je ne lui ai laissé supposer que ça me faisait plaisir''

Négation des faits

Durant le procès, l'herboriste a nié les faits qui lui sont reproché. Il répondait à côté des questions posées par la présidence et avançait que ses gestes ont mal été interprétés.

"Il ne nie pas du tout le ressenti des victimes", avance son avocat. "Il a dit qu'elle ont mal interprété ses gestes dans le cadre d'un protocole pour les drainages lymphatiques. Depuis l'origine il nie tout dérapage professionnel"

En plus de sa peine de prison, Moustapha S. a reçu l'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole de soin sur des personnes. Il est également inscrit au fichier des infractions sexuelles.

Une autre enquête pour viol le vise également. L'instruction est toujours en cours. 

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