De moins en moins d'oiseaux en Auvergne-Rhône-Alpes

Selon la LPO, le nombre d'hirondelles rustiques a diminué de 17%, celui de Coucous gris de 24%, et la population de Cailles des blés s'inscrit en baisse de 41 % en Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2002. / © Guillaume Bonnefont / Maxppp
Selon la LPO, le nombre d'hirondelles rustiques a diminué de 17%, celui de Coucous gris de 24%, et la population de Cailles des blés s'inscrit en baisse de 41 % en Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2002. / © Guillaume Bonnefont / Maxppp

La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) publie une étude permettant de mesurer la baisse de la population d'oiseaux dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, espèce par espèce, qui confirme les inquiétantes données scientifiques récentes.
 

Par Mathieu Boudet

Une alerte de plus. La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) dévoile, en ce mois de janvier 2020, des chiffres inquiétants, qui précisent l'ampleur de la disparition des populations d'oiseaux en Auvergne-Rhône-Alpes, confirmant des mesures scientifiques récentes réalisées à l'échelle nationale.

 

L'hécatombe s'accélère 

En 18 ans, selon le comptage de la LPO, le nombre d'oiseaux d'espèces des milieux agricoles et des villes et villages aurait ainsi diminué de près de 16% dans la région. Par exemple, la population d'oiseaux "communs" aurait diminué de près de 5% sur cette même période, sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "Chez certaines espèces, le phénomène s'accélère, on a un décrochage depuis les années 2010", explique Cyrille Frey, coordinateur des oiseaux communs à la LPO. Dans le détail, depuis 2002, la population d'hirondelles rustiques aurait diminué de 17%, celle de Coucous gris de 24%, celle de Pinsons des arbres de 9%, et la Caille des blés monte sur le haut de ce triste podium, en baisse de 41 %.
 

L'activité humaine en cause

Les causes de ce déclin sont multiples, et bien connues : pour la LPO, il s'agit de l'artificialisation des paysages naturels, de l'utilisation de pesticides par les agriculteurs et les particuliers, et de l'urbanisation grandissante. "Ces différentes causes induisent une forte diminution de la ressource alimentaire et des pertes d’habitats nécessaires au cycle de vie de ces espèces", constate l'association de protection de la nature. Selon elle, sur 4 grandes catégories d'espèces recensées dans la région, 2 restent relativement épargnées : les espèces "forestières" et "généralistes", bien que "plusieurs espèces de ces groupes diminuent quand même", relève la LPO. 
 

La LPO compte les oiseaux

Ces conclusions sont le fruit d'une étude de long terme menée par la LPO depuis 2001, menée sur l’ensemble de la région avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la DREAL. Plus de 300 personnes bénévoles suivent chaque printemps, aux mêmes endroits, les populations d’oiseaux communs. Plus de 600 000 oiseaux ont été comptés depuis le début du suivi. Les 75 espèces les plus communes de la région ont été regroupées en 4 catégories (forestières, milieux agricoles, espèces des villes et villages et généralistes), pour mieux mesurer les types d'espèces impactées.
 

Effondrement global

Ces résultats viennent confirmer des données scientifiques encore plus alarmantes rapportées en 2018, qui ont montré que les populations d'oiseaux s'effondrent ces dernières années, impactés par les activités humaines, les épandages de pesticides et le développement de l'urbanisation. Selon 2 rapports publiés au printemps 2018, 40% de la population d'oiseaux est en déclin en France, et un tiers des oiseaux de campagnes françaises ont disparus en seulement 15 ans. Une espèce d'oiseau sur 8 est menacée d'extinction à court terme dans le monde. 

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