Passionné par l'histoire de la photographie, François Boisjoly partage son art avec tous les publics, au musée de Saint-Bonnet de Mure, près de Lyon

Loin des clichés. François Boisjoly, "formidable" co-fondateur du musée de la photographie de Saint-Bonnet-de-Mure, ne rejette en rien l'évolution technique de son art. Mais il trouve du plaisir à en transmettre à tous les publics. Rencontre dans "Vous êtes formidables"

« Faisons simple. Ça commence avec Aristote, en 340 avant JC. Il découvre une boite noire percée d’un trou, qui projette, au dos, une image inversée…» explique François, qui tente en quelques phrases de résumer l’histoire de la photographie. « Il appelle cet appareil le sténopé, un mot grec qui signifie « œil étroit ». Et il se rend compte que, plus le trou devant est petit, plus l’image est nette. »

Il fait un saut dans le temps. « Après quelques pérégrinations, Léonard de Vinci va utiliser ce principe là pour inventer la « camera obscura », en latin. Cette machine va être utilisée par les peintres pour étudier la perspective. En 1816, Nicéphore Niepce va trouver un moyen chimique pour fixer l’image sans intervention de la main de l’homme » rappelle-t-il en précisant « au début, on surnommait d’ailleurs les premiers photographes les peintres du soleil ».

Et il poursuit en expliquant que si Niepce a bien mis progressivement au point la photo sur cuivre, ce n’est qu’en 1839 que Louis-Philippe signera, au final, le décret de l’achat par la France du brevet de la photographie pour en faire don au Monde. Clic-clac, une sorte de diaporama historique, résumé en quelques images fortes par notre interlocuteur, François Boisjoly.  

Fou de photo

Depuis bien longtemps, François, l’un des fondateurs de la maison de la photographie de Saint-Bonnet-de-Mure, près de Lyon, voue une passion à cette pratique. C’est à l’âge de 14 ans, qu’il découvre son intérêt pour cet art. « J’avais décidé d’être photographe et d’avoir un musée. Les deux m’ont passionné. »  

Son musée est un lieu unique en son genre, sans doute l’un des plus beaux de France, qui fait également œuvre de transmission, notamment auprès des écoles. On y trouve environ 2500 appareils anciens ou rares.

Le lieu, qui fête ses cinq ans le 30 octobre, organise régulièrement des expositions dans d’autres communes de France. « Avec une bourse aux collectionneurs. Ce sont toujours des moments très appréciés par les amateurs car on y trouve des choses extraordinaires », précise François.  

« L’important, c’est tout simplement le partage » explique François lorsqu’on lui demande à quoi sert, de nos jours, de perpétuer la photographie traditionnelle dans un monde où les smartphones permettent de réaliser de très beaux clichés sans difficulté. « Je suis intimement convaincu qu’être le plus performant des hommes, et d’avoir un savoir et des compétences est totalement stérile, si ce n’est pas dans le but de partager. »

En bon photographe, il développe. « A chaque fois que l’on va expliquer son art à quelqu’un, on va adapter son discours à cette personne. Au musée, on reçoit des personnes âgées en fauteuil, des écoles d’autistes… plus de 1500 enfants par an. C’est extraordinaire ! »

François Boisjoly répond aux questions d'Alain Fauritte ©france3

Du sténopé...au smartphone

« Bien sûr, on peut faire de belles photos avec un smartphone » reconnaît volontiers ce passionné. « Mais prenons un exemple. Au musée, des enfants de 7 ans viennent nous rendre visite. On ne va pas leur apprendre la photo avec un téléphone. Mais plutôt avec un sténopé, qui fonctionne selon le principe de Léonard de Vinci. Ou, encore mieux, avec un appareil en carton qu’ils vont fabriquer eux-mêmes. Ainsi, ils vont apprendre à raisonner… »

REPLAY : Voir ou revoir l'émission "Vous êtes formidables" avec François Boisjoly

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
photographie art culture musée éducation société histoire portrait à l'antenne vos rendez-vous