L'appel au droit de retrait peu suivi par les routiers en Auvergne-Rhône-Alpes

Plusieurs organisations syndicales ont appelé nationalement les routiers "non essentiels" à exercer leur droit de retrait individuel à partir de ce lundi 30 mars, faute de protections contre le coronavirus. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, l'impact de cet appel est pour l'instant limité.

"ça va rentrer dans l'ordre. C'est aussi notre volonté de trouver des solutions", rassure un responsable syndical.
"ça va rentrer dans l'ordre. C'est aussi notre volonté de trouver des solutions", rassure un responsable syndical. © Xavier Leoty / Maxppp
Pour l'heure, l'appel intersyndical aux conducteurs à exercer leur droit de retrait en cas de manques de protections contre le Covid-19 semble rester peu suivi dans le secteur en Auvergne-Rhône-Alpes. Et les situations se négocient "au cas par cas".

 

De la bonne volonté

Du côté de la Fédération Nationale des Transports Routiers, le délégué régional, Jacques Sorlin, n'a pas connaissance de perturbations majeures liées à des droits de retraits à ce stade. "Le monde du transport, ce sont beaucoup de PME avec des conducteurs et des entreprises qui travaillent, ou essaient de travailler," explique-t-il. "Pour l'instant on est plus inquiet du ralentissement des entreprises lié à cette crise sanitaire : 80% des entreprises sont en activité réduite ou stoppée, et 60% des véhicules sont arrêtés. A ceux qui roulent, il faut leur assurer toute la sécurité qui s'impose, au même titre que les autres travailleurs exposés aux risques," conclut-il.

 


"Du cas par cas"

Pour l'organisation du transport routier d'Auvergne-Rhône-Alpes, il est trop tôt pour relever d'éventuelles perturbations liées à des retraits. Mais à priori, pas de perturbations à signaler. "C'est plutôt du cas par cas", explique Antoine Fatigua, secrétaire général CGT Transports. "Il y a plusieurs entreprises où des conducteurs se sont mis en retrait et où des tournées ne se font plus, mais ça se résout petit à petit." La problématique des aires de repos closes est par exemple en train de se régler, avec une liste de stations ouvertes pour permettre aux routiers de se restaurer notamment. Restent à régler divers problèmes ponctuels et spécifiques à chaque situation : "comment on nettoie la cabine quand elle est partagée par 2 chauffeurs ? Quelles sont les règles mises en place lors de la livraison ?", interroge le syndicaliste.

 

L'Etat en ligne de mire

Antoine Fatigua se veut constructif : "ça va rentrer dans l'ordre. C'est aussi notre volonté de trouver des solutions. On sait que certains patrons sont démunis, qu'ils ne disposent tout simplement pas des kits de protections. Ca s'adresse plutôt à l'état." Sur ce terrain aussi, la situation devrait trouver une issue prochaine. De nombreux masques sont acheminés dans la région, et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a affirmé lundi que la sécurité sanitaire des salariés face à la pandémie de Covid-19 était "la priorité absolue", disant "comprendre parfaitement" que les routiers réclament des moyens de protection supplémentaires.  "S'il y a mieux à faire sur la protection sanitaire des routiers, nous ferons mieux, et nous devons faire mieux (...)."
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
trafic routier économie transports société coronavirus/covid-19 santé