“Plus de 90 kilos de lingettes récoltés, c'est grave”, chaque année les bénévoles de Tara Océan dépolluent les berges du Rhône

Elles pullulent sur les berges du Rhône. Les lingettes, jetées dans les toilettes finissent leur chemin dans la végétation autour du fleuve. Et elles ne se recyclent pas ! L’association Tara Océan organise régulièrement des actions visant à dépolluer ces espaces verts.

Elles sont composées de fibre de cellulose, de polyester ou d’un mélange de ces deux matières, autrement dit, elles ne sont pas biodégradables. Pourtant, les lingettes viennent défigurer les berges du Rhône. Plus de 825 000 ont été récoltés par l’association Tara Océan en trois ans d’action sur l’espace des Iles et Lônes en bordure de Rhône. 

“Je ne pensais pas que c’était aussi grave”, déplore Romane, bénévole d’un jour venu prêter main-forte pour la première fois. La session de ramassage vient à peine de commencer, mais son sac est déjà bien rempli. “Ça ne me viendrait pas à l’idée de jeter les lingettes dans les toilettes quand je sais où va l’eau”, ajoute la jeune femme, assez surprise. 

“C’est blanc de coton” 

Lorsque Corinne Charvin-Brun évoque les berges du fleuve, elle le remarque, “c’est blanc de coton”, renchérit. “À titre d’exemple, l’association a récolté 90 kilos de lingettes lors de sa dernière action le mois dernier”, ajoute la coordinatrice de l’association qui organise des actions principalement en hiver, car les crues ont lieu à ce moment-là, la végétation n'a pas encore repoussé et donc plus facile d’accès pour nettoyer. 

À côté de Romane et Corrine, Basile se dit “touché” de voir l’endroit qu’il a souvent fréquenté enfant aussi pollué. Ça me touche un peu que ça soit pollué. C’est bien de nettoyer sachant qu’il y a d’autres enfants qui comme moi vont venir après sur les berges du Rhône”, explique le jeune homme étudiant en école d’ingénieur. 

Il espère un jour pouvoir obtenir un poste lui permettant d’améliorer la situation, mais n’y croit que trop peu : “ça vient souvent de plus haut. Ce sont des questions économiques du genre, c'est plus rentable de jeter dans la nature alors que c’est horrible”, renchérit-il. 

Des indications trompeuses sur les produits ? 

Parmi les ramasseurs, Thomas Dossus, sénateur écologiste du Rhône, est venu constater l’étendue des dégâts. “Le nombre de déchets ne diminue pas. Il augmente plutôt malgré les lois que l’on vote”.

L’homme politique pense notamment à la loi Agec du 10 février 2020 censée réduire le nombre de produits à usage unique et dont l’application n’est visiblement pas efficace. “Il va falloir penser à des interdictions. On a déjà interdit les tickets de caisse, les pailles, et d’autres produits à usage unique, et peut-être que les lingettes doivent être dans le viseur”, soumet-il. 

Le sénateur pointe également du doigt des indications trompeuses présentes sur les produits. “Biodégradable, ce n’est plus possible normalement de le mettre sur ces produits-là”, explique-t-il en parlant des lingettes. 

Les industries s’adaptent peu 

Les industries peinent à se mettre en adéquation avec les attentes écologiques d’aujourd’hui. “Plus on se rapproche de la fin [du temps d’adaptation accordé par les politiques], plus on nous dit on n'a pas eu le temps, on n'a pas d’alternatives, etc… On aurait dû diminuer la consommation de bouteilles en plastique de 50 % d’ici 2030, mais on voit que ça continue d’augmenter”, renchérit l’élu. 

La solution : instaurer le principe du pollueur-payeur, y compris sur les lingettes. Sur les berges du Rhône, l’association invite même les industries à penser le recyclage de leur produit avant même leur conception. “Et puis, il va falloir sanctionner ceux qui font de la tromperie !", ajoute l’élu. 

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