POLÉMIQUE. Une militante palestinienne déprogrammée d'un débat à l'université Lyon II

La venue de Mariam Abou Daqqa a été annulée. L'université Lyon II a demandé de déprogrammer la militante du Front populaire de Libération de la Palestine, invitée à un débat prévu ce jeudi 5 octobre 2023 dans son enceinte, a indiqué une porte-parole de l'établissement.

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Mariam Abou Daqqa, militante du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) devait prendre part à une conférence organisée sur le campus de l'université Lumière Lyon 2 par le syndicat étudiant Solidaires et le Collectif Palestine 69. Une conférence intitulée "Colonisation et apartheid israélien, quel avenir pour les palestinien.nes ?". Sur le programme, Mariam Abou Daqqa était présentée comme une "militante féministe de Gaza". Si la conférence doit toujours avoir lieu ce jeudi 5 octobre sur le site des quais du Rhône, la venue de Mariam Abou Daqqa a, en revanche, été annulée.

Des voix contre la venue de la militante

Plusieurs voix se sont élevées ces derniers jours pour critiquer le statut de "cadre" du FPLP de Mariam Abou Daqqa. Le FPLP est qualifiée de terroriste par Israël et l'Union européenne.

"La liberté académique s'arrête là où commencent la honte et le déshonneur !", a notamment estimé sur le réseau social X le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en demandant l'annulation de la conférence.

Des députés Les Républicains ont également condamné la présence de la militante palestinienne à cette conférence. Parmi eux, Eric Ciotti, Olivier Marleix ou encore Alexandre Portier, député de la 9ᵉ circonscription du Rhône. "On ne peut pas dire que l’on combat l’antisémitisme et le terrorisme et accepter que notre université publique, financée par nos impôts, donne une tribune à une représentante d’une organisation terroriste : la ministre doit intervenir," indique le député du Rhône dans un communiqué.

Ces parlementaires ont écrit à la ministre de l'Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, pour lui demander d'annuler l'évènement, notamment à cause de la présence de cette cadre du FPLP. Une copie du courrier a été mise en ligne par Meyer Habib, député apparenté LR de la 8ᵉ circonscription des Français établis hors de France. "À travers cette initiative, toutes les bornes morales viennent d'être dépassées et les digues de l'antisionisme, matrice de l'antisémitisme ont sauté", peut-on lire dans cette lettre.

Conférence maintenue… sans la militante

La préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabienne Buccio, a également "alerté" l'université "sur le profil" de la militante, a-t-on appris auprès de la préfecture. La direction de Lyon II a demandé aux organisateurs de renoncer à inviter Mariam Abou Daqqa. "La conférence peut se tenir, mais nous serons vigilants sur l'absence de cette personne", a dit une de ses porte-parole à l'AFP.
Le syndicat Solidaires a déploré dans un communiqué une "campagne de dénigrement (...) visant à interdire toute critique de l'État d'Israël". "Face à ces pressions importantes, nous ne souhaitons pas mettre en difficulté l'université Lyon II", ajoute le syndicat, qui maintient la conférence sans Mariam Abou Daqqa.

La mise à l'écart de la militante palestinienne a également été qualifiée de "honte absolue" par le député LFI Thomas Portes sur X (ex-Twitter). 

De son côté, le collectif 69 Palestine a défendu la présence de la militante à Lyon : "Mariam comme plus de 2 millions de Palestinien.ne.s de Gaza vit depuis 2007 dans un siège inhumain et illégal imposé par un Israël agressif et surarmé", a-t-il écrit sur Facebook.

Deux conférences en présence de l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, soupçonné par Israël de liens avec le FPLP, ce qu'il nie, ont déjà été annulées cette année à Lyon par la municipalité.