Pollution plastique : malgré la loi, toujours pas assez de fontaines à eau dans les lieux ouverts au public

L'association No plastic in my sea pointe le manque de fontaines à eau dans les établissements recevant du public. Elles sont pourtant obligatoires depuis 2022. Nous avons pris l'exemple du métro lyonnais, dont deux stations sur 42 sont équipées. Une dizaine d'autres devraient suivre.

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Dans une enquête, l'association No plastic in my sea, qui lutte contre la pollution plastique, démontre que trop peu de lieux publics sont encore équipés de fontaine à eau, alors que la loi l'impose. À Lyon, seules deux stations sur 42 ont une fontaine à eau. Un nombre qui devrait toutefois augmenter.

La loi AGEC, oblige depuis le 1er janvier 2022 les établissements recevant du public (ERP) à mettre à disposition des points d'eau, dès qu'ils accueillent 300 personnes. Le but étant de mettre fin au modèle de la bouteille en plastique à usage unique, en réduisant leur nombre de moitié d'ici 2030. Pourtant, d'après l'association, trois quarts de ces établissements ne respectent pas la loi.

15 milliards de bouteilles en plastique vendues chaque année en France

"On est très mécontent de voir qu'il y a un retard de deux ans sur une loi qui lutte contre la pollution plastique et dont la bouteille à usage unique joue un rôle majeur. Il est impératif qu'on sorte de ce modèle", lance Muriel Papin, déléguée générale de No plastic in my sea, qui rappelle que 15 milliards de bouteilles en plastique sont vendues chaque année en France.

D'autant que, malgré la réduction voulue du nombre de bouteilles mises sur le marché, leurs ventes ont augmenté de 4% entre 2021 et 2022. "Les dix références les plus vendues en France sont des boissons, dont surtout des packs d'eau ou des canettes", continue Muriel Papin, dont l'association a réalisé son enquête partout en France, y compris à Lyon.

Premiers points d'eau dans le métro

En octobre 2023, deux nouvelles stations de métro ont vu le jour sur la ligne B, à Oullins et Saint-Genis-Laval. L'occasion d'installer les premières fontaines du réseau Sytral et d'en faire un retour d'expérience avant d'étendre ces points d'eau à d'autres. Au printemps 2024, onze nouvelles stations doivent être équipées de ces fontaines, bien utiles en période de fortes chaleurs.

"C'était plus simple d'installer les fontaines en même temps que de construire les nouvelles stations. Pour en installer une dans les stations existantes, c'est plus complexe. Il faut raccorder la fontaine à la plomberie", explique Diane Roubert, fondatrice et présidente de The way you drink, l'entreprise rhodanienne qui a conçu les fontaines du métro lyonnais.

Un déploiement des fontaines poussif

L'entreprise, qui a également équipé le stade de Gerland, des universités ou des hôtels à Lyon, compte étendre les fontaines à eau dans toutes les stations de métro lyonnaises, en commençant par les plus grosses. Mais malgré l'obligation de la loi, le démarrage est encore lent. 

Pour Diane Roubert, certains ERP, surtout les plus importants, traînent pour faire installer ces points d'eau pourtant obligatoires. "On est sur un forfait mensuel de 40 euros, et l'installation ne coûte que quelques centaines d'euros. Quand il faut mettre une machine à café, ils trouvent les sous", s'agace-t-elle.

C'est injustifiable de voir autant de personnes obligées d'acheter des bouteilles en plastique.

Diane Roubert

Fondatrice et présidente de The way you drink

Si elle reconnaît que les petits ERP font des efforts sur le sujet, la fondatrice de The way you drink regrette ne pas voir assez de points d'eau dans les gares ferroviaires. "On arrive à en mettre au milieu de la rue, ce n'est pas plus compliqué. C'est injustifiable de voir autant de personnes obligées d'acheter des bouteilles en plastique ou remplir leurs gourdes aux toilettes qui sont payantes." Tout comme Muriel Papin, elle déplore qu'aucun contrôle ne soit fait pour faire respecter la loi et qu'il n'y pas de sanction.

Faire des marges sur les bouteilles en plastique plutôt que d'installer des fontaines

La manne financière que représente le marché de la bouteille en plastique bloque selon elle le déploiement des fontaines à eau, gratuite pour les consommateurs munis d'une gourde. "Je prends l'exemple des Jeux olympiques. On nous a promis des Jeux sans plastique et ça aurait été une formidable opportunité d'équiper tous ces lieux en fontaines. Mais tout ça a explosé en vol et on se retrouve à devoir les contacter un par un", regrette Diane Roubert.

Contactée par nos soins, l'autorité régulatrice des mobilités des territoires lyonnais, le Sytral, n'a pas souhaité répondre à notre demande d'interview.