Pour s'intégrer, à Lyon, les étrangers peuvent suivre des cours de français

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Écrit par E.B.
"Apprenants" et "appreneurs" se retrouvent tous les lundi soirs à la Boulangerie du Prado.
"Apprenants" et "appreneurs" se retrouvent tous les lundi soirs à la Boulangerie du Prado. © La Fourmilière

Chaque lundi soir à Lyon, l'association La Fourmilière organise des cours de français destinés aux réfugiés, primo-arrivants et étudiants étrangers. Ils sont ouverts à toutes et tous, qu'on soit élève ou professeur.

Ils viennent d'Afghanistan, de Syrie, de l'Ouganda ou encore du Mexique. Les routes de l'exil les ont conduits jusqu'à Lyon, nouveau point d'ancrage à partir duquel ils doivent souvent tout reconstruire, à commencer par l'apprentissage de la langue française. Pour les accompagner, l'association solidaire La Fourmilière propose à ces personnes étrangères de suivre des ateliers de conversation en français : 1h30 d'échange, une fois par semaine, avec des habitants lyonnais bénévoles. 

"Ça nous aide pour le futur"

Depuis qu'ils ont repris en face à face au mois de juillet dernier, Zaher a assisté à une dizaine de cours de français. Ce jeune syrien de 28 ans a quitté son pays alors qu'il était encore étudiant à l'université. Arrivé en France en 2017, il est désormais réfugié, travaille comme carreleur dans une entreprise et s'exprime déjà avec une grande fluidité : "Mais j'ai encore besoin de cours pour améliorer ma langue", précise-t-il, "pour apprendre la grammaire, savoir mieux écrire... Venir ici ça nous aide pour le futur, on rencontre des personnes de différents pays, on rigole aussi et on se fait des collègues."

Le lieu de rendez-vous se prête à la camaraderie. Tous les lundis à 19h, La Fourmilière est accueillie gratuitement par la Boulangerie du Prado, un espace associatif qui organise spectacles, débats et activités. "On travaille dans une ambiance conviviale" assure Rachid Kssiouar, bénévole qui donne des cours de français depuis plusieurs mois. "On se retrouve pour apprendre le français mais les cours peuvent dévier sur des conversations plus personnelles. Comme on est en petits groupes, les apprenants peuvent nous poser des questions, nous demander des conseils sur leur orientation professionnelle ou une démarche administrative", explique-t-il. Car au-delà des cours de français, l'idée de ces temps d'échange est d'ouvrir un espace de confiance dans une ambiance amicale.

Du bénévolat "à la carte"

Rachid Kssiouar avait déjà une expérience solide en tant que professeur de français. Mais ce n'est pas le cas de tous les bénévoles, les "appreneurs" comme on les appelle ici. "Si on veut être prof et donner un peu de son temps, il ne faut pas avoir peur. Comme on travaille en binôme ou par groupes de quelques personnes seulement, ce sont souvent les "apprenants" qui ramènent leur contenu pour faire de la dictée, de la grammaire, du vocabulaire...", explique Mathilde Grancher, coordinatrice de l'antenne lyonnaise de La Fourmilière. 

La Fourmilière c'est pratique parce que c'est assez flexible. On n'est pas obligé de venir toutes les semaines, on participe quand on peut, quand on veut. 

Mathilde Grancher, coordinatrice de l'antenne lyonnaise La Fourmilière

Une palette de profils et d'histoires

Les élèves qui répondent à l'appel du lundi soir ont des histoires, des parcours et des besoins bien différents. "Il y a des niveaux très variables, certains sont en France depuis deux mois, d'autres ont déjà un bon niveau parce qu'ils travaillent", détaille Mathilde Grancher. Ainsi au cours des ateliers de français, on peut entendre dans la salle les jours de la semaine énumérés à tue-tête, la liste du vocabulaire indispensable au passage du permis de conduire ou encore des expressions bien françaises.

Parce que chaque élève a un rapport très personnel avec l'exil, "on ne peut pas les réduire au terme migrant", affirme Rachid Kssiouar. "Certains viennent du Soudan, ont vingt ans et sont devenus livreurs à vélo. D'autres ont pris la route en famille. D'autres encore ont la quarantaine passée, sont syriens et doctorants. Il y a aussi deux-trois filles très marrantes qui sont originaires de Colombie. Elles mettent une super ambiance !"

"Ce sont des gens qu'on n'a pas l'habitude de côtoyer. Je trouve ça important de le faire pour comprendre qui ils sont.

Rachid Kssiouar, bénévole La Fourmilière

Dans les semaines à venir, La Fourmilière cherche à renforcer ses équipes bénévoles. "On aimerait pouvoir proposer de nouvelles choses à partager : un Noël solidaire, des activités sportives ou des sorties culturelles par exemple", précise la coordinatrice de l'antenne lyonnaise.

Pour la rejoindre, toutes les informations pratiques sont à retrouver sur le groupe Facebook  de l'association. 

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