Près de Lyon, un habitant veut convaincre les automobilistes de couper leurs moteurs quand ils sont à l'arrêt

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Écrit par Renaud Gardette
Nicolas, un jeune cycliste de Villeurbanne, tente de convaincre les automobilistes qu'il croise de couper leurs moteurs quand ils sont à l'arrêt. En 2 ans il a distribué 500 tracts, avec une très grande réussite.
Nicolas, un jeune cycliste de Villeurbanne, tente de convaincre les automobilistes qu'il croise de couper leurs moteurs quand ils sont à l'arrêt. En 2 ans il a distribué 500 tracts, avec une très grande réussite. © FTV

Une voiture qui stationne, avec le moteur allumé au bord d'un trottoir : la scène est quotidienne à Villeurbanne (Métropole de Lyon) et révolte depuis longtemps Nicolas, un jeune cycliste qui multiplie les contacts et les discussions pour faire éteindre ces moteurs qui tournent inutilement.

Il s'appelle Nicolas et habite à Villeurbanne. Ce jeune ingénieur télécom de 39 ans ne manque pas de conviction ni d'arguments pour persuader les automobilistes qu'il croise, de couper leurs moteurs quand ils sont à l'arrêt, surtout et avant tout, les arrêts de longue durée.

Ce père de deux enfants habite la banlieue lyonnaise depuis 10 ans. Et depuis la crise des Gilets Jaunes, il ne comprend pas pourquoi autant de moteurs tournent, pour rien. Le premier électrochoc a lieu devant une voiture stationnée, une jeune fille au volant, avec un gilet jaune bien mis en avant sous le pare-brise : "Je lui ai demandé où elle achetait une essence si peu chère, pour se permettre de la gaspiller comme cela? Elle n'a pas compris au début." 

Depuis ce jour, Nicolas a persuadé près de 500 automobilistes de faire plus attention. 500, parce que c'est le nombre de tracts qu'il a distribué jusqu'à présent. Il s'est organisé pour imprimer quelques arguments et mettre par écrit les principales informations qu'il a pu recueillir sur ce sujet.

De la diplomatie avec le sourire

Il reconnaît qu'il faut faire preuve de diplomatie pour faire passer ses idées : "Mon approche était un peu agressive au début mais j’ai vite changé pour que mon message passe mieux. Je ne dis pas je distribue des tracts, mais je donne des infos. J'y vais calmement, le moindre mot compte. En tout, 2 ou 3 personnes m'ont insulté, mais c'est très très rare. La grande majorité comprend, et éteint rapidement son moteur. J’ai eu des personnes qui m’ont remercié, qui se sont excusées, et m’ont promis de ne plus recommencer."

Sur les réseaux sociaux, il filme de temps en temps ceux qui oublient de couper le contact:

"Quelques grammes de CO2 en moins"

Très souvent, par fierté, les automobilistes éteignent le moteur uniquement quand Nicolas est parti, par fierté sûrement: "ce n'est pas grave" nous dit-il. "L'essentiel, c'est qu'ils comprennent. Peut-être qu'ils y penseront tout seul après. Si on pouvait étendre cette idée à d'autres villes... C'est juste du bon sens, et une question d'éducation aussi. Il faut commencer par des petites choses comme cela au quotidien. Ce sont quelques grammes de CO2 en moins. A chaque fois je repars avec le sourire. Si on éteint tous les moteurs inutiles un moment, on respirera mieux c'est sûr.

Nicolas évite de faire ce genre de demandes par période de grand froid ou en pleine canicule. Mais il sort son vélo de temps en temps, uniquement pour faire une "tournée spécifique", à la recherche des fumées inutiles. Ce qui le choque le plus: "Les taxis qui attendent, les livreurs, les voitures de La Poste, les clients de supermarchés, et surtout les parents à la sortie des écoles. Ils arrivent en avance, et restent à l'intérieur, avec leur moteur qui crache ! Après 2 ans d’actions et des centaines de tracts distribués je me rends compte que les gens sont tout à fait réceptifs et compréhensifs à mon message. Ils ont juste besoin d’être informés et éduqués."

L'intérêt économique est une évidence pour ce jeune militant: "à partir de 30 secondes à 1 minute, on fait plus d'économies en éteignant son moteur qu'en le laissant allumé" dit-il.

Nicolas reconnaît qu'il a besoin d'aide pour imprimer ses tracts : et c'est le commissariat de la ville qui a répondu en imprimant de leur côté quelques dizaines de pages par solidarité. Une mission de service public ! "Je n’abandonne pas et j’espère qu’un jour ce phénomène sera pris au sérieux" nous dit enfin Nicolas.

 

 

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