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Lyon : L'Eglise suspendue au procès de Mgr Barbarin

L'Eglise appréhende-t-elle la prochaine comparution de Mgr Barbarin pour "non dénonciation d'actes pédophiles" devant le tribunal correctionnel de Lyon? Au Vatican comme en France, on suit de près les prolongements judiciaires de ce procès qui pourrait faire grand bruit s'il y a condamnation.       

Par Ph. Bette avec Sylvie Cozzolino

Mgr Barbarin est cité à comparaître les 7, 8 et 9 janvier prochains devant le tribunal correctionnel de Lyon pour "non dénonciation d'actes pédophiles et mise en péril" par les victimes du père Preynat. Des victimes qui ont décidé de ne pas s'en tenir au classement sans suite par la justice. Elles demandent des comptes directement à la hiérarchie de l'Eglise, au cardinal et à son entourage par une procédure de citation directe.

Comment le Vatican appréhende-t-il ce procès, au moment où il est secoué lui-même une nouvelle fois par des scandales retentissants de pédophilie? Le 12 décembre dernier, le pape François a écarté trois des neuf cardinaux qu'il avait désignés pour le conseiller et qui formaient son cercle restreint. Ces cardinaux australiens et chiliens sont poursuivis pour des affaires de pédophilie ou suspectés d'avoir couvert de tels agissements. 

Le procès du cardinal Barbarin et des membres de son entourage intervient dans ce contexte. Si le pape François a refusé en 2016 la démission du cardinal lyonnais et l'a conforté dans ses fonctions "pour avoir pris les mesures qui s'mposaient", une éventuelle condamnation pourrait bien le fragiliser.  
 
     
Marco Politi, journaliste italien, spécialiste de la religion à Rome, explique que le pape François a réitéré sa confiance au cardinal Barbarin, tout en lui conseillant, nuance, d'attendre le verdict de la justice : "Le cardinal n' a pas étouffé des abus pendant la période où il est archevêque. Mais la chose grave est qu'il n'a pas suivi l'obligation de dénoncer le coupable"explique-t-il . 
 

"Barbarin traîne ! ..." 


Les évêques de France ne commentent pas officiellement le procès de Mgr Barbarin. Mais individuellement, certains évêques reviennent sur la gestion de l'affaire Preynat, accusé de pédophilie. Mgr Crépy, chargé officiellement de la lutte contre la pédophilie dans l'Eglise, estime que le cardinal a trop tardé dans la révélation de ses agissements . 

 "Barbarin traîne, attend un an avant de faire quelque chose. Cette attente, ça dit que l'Eglise n'en a rien à faire ou que l'Eglise ne prend pas les choses au sérieux ". Un discours plutôt rare à ce niveau de la hiérarchie religieuse et qui montre que l'épiscopat est lui- même tiraillé sur cette affaire : "Ce qui nous encombre un peu l'horizon car si Lyon avait mieux géré, on n'aurait pas eu l'affaire Preynat."

Au
 sein même de l'Eglise, des voix se font entendre et réclament la démission du cardinal Barbarin. Un prêtre du diocèse de Valence lance une pétition en ce sens qui va recueillir plus de 100 000 signatures en quelques semaines.     
 

Le procès du cardinal Barbarin et son impact sur l'opinion publique seront donc suivis avec attention par le Saint Siège et par l'Eglise de France. Nul doute qu'un procès à charge et qu'une condamnation, même symbolique, pourraient faire grand bruit. 
 

Le récit de Sylvie Cozzolino avec Thierry Swiderski et les équipes de France Télévisions à Rome :
 
   
Dans un communiqué publié le 4 janvier, Mgr Luc Crépy, évêque du Puy-en-Velay estime que ses propos enregistrés par France 3 le 14 décembre 2018 n'avaient pas à être diffusés tels quels : "Il était explicitement convenu que cet entretien porterait sur les mesures prises par l'Eglise contre la pédophilie et que je ne voulais pas m'exprimer sur la procédure judiciaire concernant le cardinal Barbarin (...) La forme de mes propos traduit bien qu'il s'agissait de propos privés".                     
      
              

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