Train Bordeaux-Lyon : c’est la fin d’un rêve ferroviaire, la coopérative Railcoop a annoncé sa liquidation

La coopérative ferroviaire qui ambitionnait de relier Bordeaux et Lyon a annoncé sa liquidation prochaine. Elle était en redressement judiciaire depuis octobre.

C’est la fin d’un rêve ferroviaire. La coopérative ferroviaire française Railcoop, qui faisait le pari de relancer la liaison ferroviaire entre Bordeaux et Lyon, a annoncé "avec regret" sa liquidation prochaine. En octobre dernier, la société avait été placée en redressement judiciaire. Mais les conditions définies par le jugement faisaient peser sur elle une dette devenue "insoutenable".  

"Le schéma prévu pour sortir du redressement judiciaire est désormais caduc. En l’état, le tribunal de commerce de Cahors ne devrait pas avoir d’autres choix que de prononcer, le 15 avril 2024, la liquidation de notre coopérative" indique Railcoop dans un communiqué adressé à ses 14 500 sociétaires.

La coopérative était née en 2019 avec une idée originale : lancer une liaison ferroviaire transversale entre Bordeaux et Lyon, sans passer par Paris. La ligne devait également desservir Périgueux, Limoges, Montluçon et Roanne.

Alors que son lancement était initialement prévu pour l’été 2022, le projet avait été de plus en plus retardé, faute de financements et malgré l’autorisation d’exploiter plusieurs lignes. 

Difficultés financières

Après l’échec d’une levée de fonds à l’été 2023, l’entreprise s’était résolue à ouvrir une procédure collective devant le tribunal de commerce, évitant de justesse la liquidation judiciaire. En octobre dernier, Railcoop a été placé en redressement judiciaire avec six mois pour se remettre sur les rails financiers afin d'être autorisée à poursuivre son activité.  

La coopérative avait donc souhaité renflouer ses caisses par la vente de deux rames qui lui avaient été vendues par la Région Auvergne Rhône-Alpes. Mais Railcoop s’est retrouvé au cœur d’un nouvel imbroglio judiciaire lorsque la société de restauration de matériels ferroviaires qui stockaient ces rames lui a réclamé 880 000 euros de frais de garage.

Dans ce contentieux  le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a donné tort à Railcoop. La société a donc été privée d’une source de financement, tandis que la dette qui pesait sur son avenir s’est alourdie. "Cette décision de justice incompréhensible scelle le sort de Railcoop. C'est avec le plus grand regret que nous vous adressons ce message, après des mois passés ensemble à se battre, pour éviter la fin de notre belle aventure collective" a ainsi écrit Railcoop dans son communiqué.