Remplacement des profs : une pétition pour en faire une priorité au Grenelle

Le remplacement des enseignants ? "C'est un gros, gros problème qui perdure" selon Gérard Pignol. Profitant de l'annonce d'un Grenelle des professeurs, l'ancien principal du collège d'Oullins, dans la Métropole de Lyon, a lancé une pétition pour qu'une solution soit enfin trouvée.

Selon les régions, le taux de remplacement de courte durée des enseignants est de 5 à 20% dans les collèges et les lycées. Une pétition est en ligne pour que la question soit inscrite au Grenelle des professeurs annoncé par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale.
Selon les régions, le taux de remplacement de courte durée des enseignants est de 5 à 20% dans les collèges et les lycées. Une pétition est en ligne pour que la question soit inscrite au Grenelle des professeurs annoncé par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale. © MaxPPP
Une première pétition avait recueilli 10.000 signatures il y a quelques mois. La seconde en affiche déjà 2.000 de plus en l'espace de 24 heures. Depuis lundi 7 septembre 2020, Gérard Pignol appelle le ministre de l'Éducation nationale à inscrire le problème du remplacement des enseignants au Grenelle des professeurs.

Gérard Pignol a lui-même été confronté à ce problème de remplacement : il est l'ancien principal du collège d'Oullins, dans la Métropole de Lyon. À la retraite depuis 2006, l'homme n'en reste pas moins "passionné" par les sujets touchant à l'Éducation, et tout particulièrement celui des remplacements de courte durée.
 

Quand j'étais chef d'établissement, et que le lundi à 7h45, j'apprenais que le prof de maths ne pouvait pas venir, la question c'était : que faire des élèves ? Les envoyer en permanence ? Les renvoyer chez eux ? Les solutions n'étaient pas satisfaisantes, et ne le sont toujours pas.

Gérard Pignol, auteur de la pétition

► Remplacement des professeurs : un système en échec durable !

Dans le texte qui accompagne la pétition mise en ligne, Gérard Pignol demande à Jean-Michel Blanquer d'inscrire la question du remplacement de courte durée des enseignants du second degré, à l'ordre du jour du Grenelle des professeurs annoncé par le ministre de l'Éducation Nationale.
Pourquoi ? Parce que le taux de ces remplacements est très bas. "De 5 à 20%" selon les régions, ce qui fait que "la continuité de l'enseignement n'est pas assurée".

"Il y a bien eu des dispositifs mis en place, mais qui n'ont jamais marché. La modernisation du système est une priorité absolue" revendique l'ancien principal de collège, qui se bat "pour les élèves et les familles".


► Une solution soumise au ministère

Preuve que le sujet lui tient à coeur, Gérard Pignol a doublé la pétition d'une proposition qui soit attractive pour les enseignants se portant volontaires pour ces remplacements de courte durée. L'ancien chef d'établissement estime que la solution passe par "une adaptation des emplois du temps, mais aussi et surtout pour que les heures d'enseignement de remplacement soient, non seulement payées en heures supplémentaires, mais qu'elles soient également prises en compte pour la retraite".

Ce projet a été étudié par les services du ministère de l'Éducation Nationale. La proposition de Gérard Pignol sera-t-elle retenue ? Aucune certitude pour le moment. En attendant, Gérard Pignol espère bien atteindre les 30.000 signataires de sa pétition. Et les premiers commentaires sont encourageants.
 

On s’étonne que des gamins soient dans les rues aux heures normales de classe.... bien sûr il manque des profs !!! Après on s’étonne que la délinquance augmente ! Monsieur le ministre faite quelque chose ... une arrière grand-mère qui s’inquiète pour la jeunesse, ayant vu se dégrader la scolarité au fur et à mesure du temps qui a passé avec mes enfants, mes petits enfants.

Françoise, signataire de la pétition


Après avoir soumis la question aux internautes, Gérard Pignol espère bien que le remplacement de courte durée des enseignants au collège et au lycée soit inscrit à l'ordre du jour du Grenelle des professeurs. "Et pourquoi pas une invitation à y participer ?", rajoute l'ancien chef d'établissement qui a déjà été sollicité par le rectorat de Lyon.


 
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