Dans le Rhône, une rentrée scolaire entre incertitudes et interrogations

A la veille de la rentrée scolaire, mardi 1er septembre, parents, enseignants et associations s'interrogent sur la reprise de l'école dans ce contexte sanitaire exceptionnel. Nous sommes allés à leur rencontre pour évoquer leurs questionnements.

L'appréhension pour certains, la vigilance pour d'autres parents mais un même sentiment partagé : l'incertitude face à une rentrée inédite.

Masques obligatoires pour tous les adultes

Mardi 1er septembre, Paul, 4 ans, retournera pour la première fois à la maternelle depuis mars. "J'avais préféré ne pas le mettre en juin pour ne pas courir de risques" estime sa mère, Gaëlle. Maman d'un autre enfant de 2 ans, gardé en crèche, elle se dit un peu rassurée par l'obligation du port du masque par les adultes dans l'enceinte des établissements, crèches ou écoles. Jusqu'à la semaine dernière, le masque n'était pas préconisé chez les personnels travaillant auprès d'enfants en bas-âge, à condition de respecter les distances. Depuis le 26 août, dans le nouveau protocole, le port du masque est finalement obligatoire.  "Pour moi, c'est impensable de ne pas mettre de masque alors qu'on le porte dans la rue" poursuit-elle. 
Mais d'autres craintes émergent, l'exiguïté de l'école, des classes à près de 30 enfants rendent difficilement imaginables l'application du protocole sanitaire. "Je suis contente que mon fils retourne à l'école mais je vais voir, comment ça se passe. Si j'estime que ça ne me convient pas, je l'enlèverai de l'école."

La crainte d'un climat anxiogène

Si le port du masque apaise certains parents, d'autres s'interrogent sur son incidence. Philippe, dont la fille rentre au CP dans une école de Villeurbanne, redoute une ambiance anxiogène : "les enfants risquent d'être perturbés de ne pas voir le visage de leur enseignant. La voix est aussi étouffée" 
Les avis divergent sur l'opportunité du protocole sanitaire mais tous convergent autour d'une seule question : que se passera-t-il s'il y a reconfinement ou fermeture d'école en cas de Covid au sein de l'établissement ?

Conjuguer télétravail, suivi pédagogique et intendance m'épuise déjà.

Fabienne, mère de trois enfants


Alors que les parents d'enfants scolarisés ont pu bénéficier d'arrêt pris en charge par l'Assurance maladie puis de chômage partiel au cours du confinement, aucun dispositif n'est pour l'heure prévu pour la garde d'enfant. Fabienne, mère de trois enfants scolarisés en collège et lycée à Lyon et cadre dans le privé s'inquiète des conséquences sur sa vie professionnelle et familiale: "l'idée de devoir conjuguer de nouveau télétravail, suivi pédagogique et intendance m'épuise déjà". Entre inquiétude pour la santé des leurs et préoccupations professionnelles, une autre question taraude les parents : quelles vont être les conséquences du confinement sur la scolarité de leurs enfants et leur niveau ? s'interroge Fabienne qui anticipe un deuxième confinement : "pour mon fils en terminale, une seconde année scolaire comme la précédente serait catastrophique."

D'autres problématiques reléguées

Des parents soucieux, des enseignants et directeurs d'établissement sur le qui-vive et des associations inquiètent... à l'instar des membres de l'association "Hugo" qui lutte contre le harcèlement scolaire. Philippe Golf, l'administrateur, attend des mesures concrètes pour lutter contre ce fléau : " Il y a déjà un numéro vert (30 20), des ambassadeurs dans les établissements et des référents académiques mais cela reste insuffisant. Ce sont toujours aux victimes de changer d'établissement." Mais l'ancien CPE dans un lycée lyonnais, aujourd'hui retraité craint que le message véhiculé par son association soit inaudible dans ce contexte : "on aura beau essayer de faire passer notre message, on craint qu'il soit occulté, pourtant le harcèlement scolaire est toujours aussi présent."