Sanofi : la mévente du Dengvaxia plombe l'avenir du site de Neuville-sur-Saône

© Philippe Juste/MaxPPP
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Sanofi cherche de nouvelles activités pour son site de Neuville-sur-Saône plombé par la mévente de son vaccin contre la dengue. En attendant, 70 personnes sur un effectif global de 200 sont réaffectées sur d'autres sites, dont celui de Marcy l'Etoile.         

Par Ph.Bette avec l'AFP

C'est une grosse déconvenue pour Sanofi Pasteur . Voire même un véritable accident industriel. Son vaccin contre la dengue, production phare de l'unité de Neuville-sur-Saône, n'a pas connu le succès escompté sur le marché international. Pire, il est suspecté d'avoir provoqué aux Philippines le décès d'une dizaine d'enfants, sans que la preuve en soit formellement établie. 

Sanofi écarte toute responsabilité mais il a quand même procédé au remboursement des doses non utilisées après la suspension de la campagne de vaccination engagée dans ce pays.

Du coup, la production a été totalement arrêtée en décembre. Les ventes du Dengavaxia se sont effondrées, passant de 55 millions d'euros en 2016 à 3 millions en 2017... Et les stocks en souffrance, 100 millions de doses dont la date est périmée, sont en cours de destruction.


Quel avenir pour le personnel ?  


Que va devenir le personnel de l'unité de production de Neuville-sur-Saône ? La direction du groupe a annonçé qu'elle envisageait de nouvelles pistes. David Loew, patron de la division vaccins du groupe Sanofi, a indiqué réfléchir à la production d'une nouvelle génération de son vaccin contre la fièvre jaune, ainsi qu'à un vaccin contre la rage. En attendant, l'usine est placée "en sous activité" et une partie des personnels est réorientée sur d'autres unités.

Fabien Mallet, délégué CGT du site de Neuville, indique que 70 salariés sur 200 sont susceptibles d'être redirigés sur d'autres sites, ce qui est déjà le cas pour une vingtaine d'entre eux, affectés à Marcy l'Etoile.

Sanofi semble toujours croire à l'avenir de son vaccin. Son directeur général, Olivier Brandicourt, affirme qu'il reste "très engagé" sur le Dengvaxia, seul vaccin a avoir été approuvé contre la dengue. Mais financièrement parlant, la perte engendrée par sa mévente représente déjà 158 millions d'euros passés sur les comptes de l'entreprise, rien que sur le quatrième trimestre.

Un moindre mal si cette affaire ne tourne pas à la catastrophe sanitaire. Le ministère philippin de la justice a lancé une enquête pour "atteinte présumée à la santé publique" après la vaccination de 730 000 enfants au Dengvaxia. Entretemps, le Brésil a recommandé de limiter son utilisation en suivant les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé et du laboratoire lui-même...

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