La sécheresse menace la région Auvergne-Rhône-Alpes

Le 24 avril dernier, l'Ain affichait un niveau extrêmement bas, suite à un premier épisode de sécheresse précoce. L'été s'annonce délicat pour toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. / © Catherine Aulaz / Maxppp
Le 24 avril dernier, l'Ain affichait un niveau extrêmement bas, suite à un premier épisode de sécheresse précoce. L'été s'annonce délicat pour toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. / © Catherine Aulaz / Maxppp

Le gouvernement a présenté, jeudi 14 mai, une carte des zones les plus exposées à une sécheresse cet été, dans laquelle la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît particulièrement menacée.

Par Mathieu Boudet

2019, année la plus chaude en Europe, dans la décennie la plus chaude jamais enregistrée dans le monde. Le changement climatique s'accompagne d'une aggravation des phénomènes de sécheresse estivale. La région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît en première ligne pour 2020.
 


Auvergne-Rhône-Alpes en première ligne

Le ministère de la transition écologique a présenté, jeudi 14 mai, une carte présentant les départements les plus exposés à un risque de sécheresse cet été. La région Auvergne-Rhône Alpes fait partie des zones les plus concernées, affichant un risque "très probable"' de sécheresse. En France, 11 départements (grand massif-central, Haute-Saône et Haut-Rhin) sont concernés, 24 présentent un risque "probable", et 18 un risque "possible" de sécheresse. La carte se base sur différentes données (Météo France, surveillance des nappes phréatiques, débits fluviaux, manteaux neigeux...) et classe 53 départements, principalement dans la moitié est et le centre du pays, en risque de sécheresse entre mai et septembre.

 
Dans la métropole, la région Auvergne-Rhône-Alpes sera la plus touchée par les risques de sécheresse, avec le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, et une partie de la Nouvelle Aquitaine. / © AFP
Dans la métropole, la région Auvergne-Rhône-Alpes sera la plus touchée par les risques de sécheresse, avec le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, et une partie de la Nouvelle Aquitaine. / © AFP
 

Une carte pour mieux se préparer

Cette démarche a pour objectif d'anticiper "les départements où on risque de ne pas avoir assez d'eau pour tous les usages afin de (leur) permettre de mieux se préparer et de renforcer la coordination, notamment en réfléchissant à un niveau interdépartemental", a indiqué Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat à la Transition écologique lors de la présentation de ses données jeudi 14 mai. Le ministère escompte une remontée plus rapide des problèmes, permettant de "mieux coordonner tous les acteurs et prendre plus vite les décisions pour que le partage de l'eau se fasse dans les meilleurs conditions possibles" en cas de pénuries, avec priorité donnée à l'alimentation en eau potable, a-t-elle souligné.
          


Chaleurs en vue

La France a connu "des épisodes de sécheresse réguliers" ces dernières années, rappelle Mme Wargon, dont un "exceptionnel" à l'été 2019, avec 88 départements en alerte ou soumis à des restrictions. Et même si les nappes phréatiques ont bénéficié d'une recharge hivernale "nettement supérieure à la moyenne" cette année, selon le BRGM qui les surveille, Météo France prévoit pour les 3 mois à venir "un temps plus sec que la normale" sur le nord-ouest de l'Europe, dont une bonne partie de la France, avec "un trimestre plus chaud que la normale" sur l'ensemble du continent. D'ailleurs, avec le changement climatique, l'anormal devrait devenir... La normale : "nous ne devons plus envisager les épisodes de sécheresses comme exceptionnelles, mais comme une situation appelée à devenir récurrente", a constaté la secrétaire d'Etat à la transition écologique.


 

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