VOST : "J'ai la main verte mais je ne suis pas un jardinier", Guillaume Lachana, entre jardins et racines carrées

Le jardin et les espaces verts, une histoire de famille. Guillaume Lachana a pris sa place dans l'entreprise dirigée par son père et enracinée à Pierre-Bénite. Le trentenaire va présenter avec son équipe le prestigieux concours "Carré des Jardiniers", en novembre prochain à Lyon.

C'est dans le jardin secret que Guillaume Lachana nous a donné rendez-vous. Un écrin de verdure aux limites de Lyon, à un jet de pierre de l'Ile Barbe, au pied de l'église Saint-Rambert. Un havre de paix et de silence, loin du brouhaha de la ville. Le jardin est bien caché et semble connu des seuls riverains. La place Bellecour n'est pourtant qu'à quelques minutes de voiture. Autrefois ce terrain de près de 2000 m² ressemblait à davantage à une friche, confie Guillaume. C'est l'entreprise familiale qui en a fait un petit paradis vert. "L’essence d’un jardin, c’est un endroit où l'on se sent bien, où l'on est apaisé et presque connecté avec la Nature," résume Guillaume. "J'aime les grands espaces, j'aime quand la nature est omniprésente".

Imaginer un jardin pour moi, ça commence par prendre en compte les contraintes. Mais techniquement on arrive aujourd'hui à faire des choses incroyables... On peut presque planter tout mais pas n'importe comment !

Jouer collectif ... pour gagner

Guillaume l'avoue, il n'est pas jardinier de formation. Ses notions botaniques sont même parfois hésitantes. Dans l'entreprise paysagiste Green Style, il occupe des fonctions d'encadrement et de gestion. Mais il a décidé de relever un défi de taille : inscrire son entreprise à un concours d'envergure : "Carré des jardiniers". Il se déroule au salon Paysalia, à Eurexpo. Son équipe de cinq personnes, devra composer un jardin de 200 mètres carrés, en quatre jours seulement et surtout en partant de zéro. Le concours doit consacrer un maître jardinier. Au départ une quinzaine de dossiers en lice. Après deux sélections, sur papier et sur soutenance, cinq projets restent en compétition. Le jardin de Guillaume se retrouve dans le dernier carré ... avec son petit frère Bastien. 

Le jeune homme avait envie de participer au concours depuis plusieurs années et il l'assure. "On a un peu la pression parce qu’on joue à domicile. Mais c'est toute l'équipe qui mérite le titre en cas de victoire et pas une seule personne". Les projets seront notés sur les performances techniques comme sur les réalisations artistiques. "A aucun moment aujourd'hui je ne mets les mains dans la terre, c'est pour cela que c'est un beau défi pour moi. ça me permet de revenir sur des choses concrètes le temps d'un chantier". Jouer collectif pour décrocher la victoire.... La encore, le concours de jardin n'est pas loin du gazon sportif.

Jardinier ... hors-sol

J'ai la main verte mais je ne suis pas un jardinier. Je n'ai pas suivi un parcours de formation  mais j'ai baigné dans ce milieu depuis mon plus jeune âge. Mes parents sont des passionnés... Je pense qu'on peut considérer que je suis un "petit" jardinier".

A l'initiative de la participation de son entreprise, Guillaume Lachana est présenté en "tête d'affiche". Si le gestionnaire avoue sortir aujourd’hui de sa zone de confort, il n’avance pas en terre inconnue pour autant. "Même si je n’ai pas suivi une formation de paysage, tous les étés depuis que je suis tout petit, je travaille dans l'entreprise familiale. Je n'avais même pas le droit d'aller sur les chantiers à cause de mon jeune âge; alors je faisais du nettoyage, je travaillais sur les palissades dans la cour..." confie le jeune homme en souriant. "Après j'ai travaillé l'été sur les chantiers. Je suis imprégné de l’histoire familiale".

Transmission d'entreprise

On a bien compris. Il a mis la main à la pâte. Après des études de gestion et de commerce, Guillaume a pris le parti de rejoindre l'entreprise familiale voilà quatre ans. Une dizaine de salariés au départ, dix fois plus aujourd'hui, le petit pois est devenu en quelques décennies un poids lourd dans le secteur paysager, qui travaille essentiellement pour des collectivités et parfois de "grosses légumes" des Monts du Lyonnais. L'une des dernières belles réalisations dont Green Style peut s'enorgueillir : la création du jardin asiatique au parc de la Tête d'Or. "C'est l'idée du jardin de rêve. Un projet exceptionnel, de l'étude à la réalisation," admet le jeune gestionnaire.  

Les terrains de sport aussi sont les terrains de jeux des jardiniers de l'entreprise familiale et "locale". Particularité : l'entreprise familiale rayonne dans un petit périmètre d'une quarantaine de kilomètres autour de Lyon. Guillaume espère bien marcher avec succès dans les traces de ses parents et poursuivre le développement de cette entreprise « florissante ». Et si on évoque le métier qu'il voulait faire enfant, Guillaume n'en finit pas de nous faire sourire... 

Le premier métier que je voulais faire quand j'étais petit, c'était boucher. Peut-être parce que j'aimais la viande. Rien à voir le paysage !

... rien à voir avec la chlorophylle ou l'écologie ! 

On a voulu provoquer Guillaume en lui demandant ce qu'il pensait de l'image plutôt "ringarde" du nain de jardin en plâtre... un envahisseur d'espaces vert. "Aujourd'hui, le jardinier est très polyvalent ... le métier pas aussi restrictif que ce nain de jardin !" a sourit Guillaume, loin d'être froissé.

Zoom sur le concours "Carré des Jardiniers"

Ouvert à tous les concepteurs et entrepreneurs du paysage installés, le concours « Carré des Jardiniers » a lieu tous les deux ans, dans le cadre du salon Paysalia. Il a été créé en 2011 par des professionnels du paysage et du jardin, dont Jean Mus architecte paysagiste de renom et Président du jury. Le Carré des Jardiniers récompense celui ou celle qui a pensé, conçu et réalisé un jardin d’exception, selon des valeurs clés du métier du paysage : authenticité, talent, audace, créativité, durabilité, partage... Le concours se déroulera du 30 novembre au 2 décembre 2021. Le thème de cette édition : "le jardin du bon vivant". Guillaume et son équipe vont jouer sur le contraste entre jardin urbain et jardin rural. L'ambition : permettre au visiteur de flâner en douceur d'une nature maîtrisée par la main de l'Homme à un espace vert presque sauvage.

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