Zone à Faibles Emissions à Lyon : lutte contre la pollution atmosphérique, la méthode fait débat...

Les voitures les plus polluantes et les véhicules qui fonctionnent au diesel, seront-ils bientôt chassés de l'agglomération lyonnaise ? La lutte contre la pollution est une priorité de la nouvelle majorité métropolitaine ... 
Zone à Faibles Emissions à Lyon : la lutte contre la pollution atmosphérique, priorité de Métropole, fait polémique
Zone à Faibles Emissions à Lyon : la lutte contre la pollution atmosphérique, priorité de Métropole, fait polémique © France TV
"Il faut trouver des solutions pour tout le monde; mais la pollution est une priorité. Donc, oui, nous voulons interdire les véhicules diesel en fin de mandat," a déclaré Bruno Bernard, président EELV de la Métropole de Lyon, dans l'émission Entre-Deux du 16 novembre, sur France 3 Rhône-Alpes

Ainsi, à l'horizon 2026, les véhicules dotés de vignettes Crit'Air 2, 3 et au-delà seraient interdites. Exit les diesels, dans la Métropole de Lyon.
 
© Métropole de Lyon

Des automobilistes inquiets

Les automobilistes interrogés aujourd'hui ont réagi avec une vive inquiétude à l'idée de devoir changer de véhicules. Du côté des Lyonnais, les commentaires opposés à la mesure ne manquent pas: "Je suis contre, je me sers du diesel tous les jours...", "Ce n'est pas du progrès, c'est revenir en arrière...", "Il faut être vraiment riche...", "Si on nous paye une voiture électrique, je suis d'accord...". Certains se résigneront même à prendre leur vélo...

Ne pas mettre la charrue avant les boeufs...

Côté politique, l'opposition se dit favorable à la lutte contre la pollution mais critique un manque de dialogue. Le groupe de travail sur ce sujet, n'aurait pas commencé à se réunir. La majorité est même accusée de faire preuve de dogmatisme. Egalement pointée du doigt, l'absence de propositions concrètes pour permettre aux habitants de la Métropole de changer sa voiture ... "Je pense qu'on prend les choses à l'envers. D'abord parlons d'un vrai plan de transports urbains, parlons de l'effectivité d'un plan métro," indique Alexandre Vincendet, conseiller métropolitain (LR) et maire de Rillieux-la-Pape. "Avant de commencer de demander aux gens de ne plus prendre leur voiture, ou de changer leur voiture alors qu'ils n'en n'ont pas forcément les moyens, proposons-leur de véritables solutions structurantes pour notre agglomération !"

Le risque d'augmenter la précarité 

Pour Louis Pelaez, conseiller métropolitain LREM, "annoncer comme ça, la fin du diesel, sans savoir comment... sans avoir fait le travail préalable auparavant, c'est prendre le risque de rendre encore plus vulnérable toute une partie de la population qui est déjà en grande précarité, (une population) obligée d'habiter loin car n'ayant pas les moyens d'habiter près de leur emploi..." Pour le conseiller métropolitain, "ceux qui sont obligés de venir en voiture, là, ils ne pourront plus le faire !"

Dans les zones concernées, des radars automatiques pourraient être installés pour verbaliser les véhicules diesel et les véhicules interdits de circuler. La majorité souhaite également augmenter les investissements dans les transports en commun. Près de 300 000 personnes qui travaillent dans la Métropole, viennent de l'extérieur chaque jour. 

 
De nouvelles ZFE d'ici 2025... et sanctions en perspectives
La pollution de l'air est responsable de 48.000 décès prématurés en France chaque année, elle augmenterait la mortalité liée au Covid-19. Le trafic routier est responsable "d'environ 60 % des émissions d'oxydes d'azote et de  30% des émissions directes de particules fines", rappelle le ministère de la Transition écologique dans un communiqué du 18 novembre.

En juillet, le Conseil d'Etat a donné six mois à l'Etat pour agir, faute de quoi il devra payer une astreinte record de 10 millions d'euros par semestre de retard. Plus récemment, la Commission européenne a annoncé le renvoi de la France, déjà condamnée par la justice européenne pour la pollution de l'air liée au dioxyde d'azote (NO2), devant la Cour de justice de l'UE pour celle due aux particules fines PM10.

Quatre ZFE existent déjà (la Métropole de Lyon, Grenoble-Alpes-Métropole, la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris) et à partir de 2021, sept autres seront créées. Parmi ces 11 zones, celles qui ne parviendront pas à respecter les normes en terme de pollution de l'air verront la mise en place par l'Etat de restrictions de circulations pour les véhicules Crit'Air 3,4 et 5, soit "un tiers du parc automobile" à compter de 2023. Cela pourrait concerner Paris, Lyon et Marseille, selon le ministère. Le calendrier précis de ces interdictions et leurs modalités précises doivent encore être définis. Des dérogations sont prévues pour les véhicules d'urgence ou pour encore pour les personnes handicapées.

De plus, le dispositif des ZFE sera étendu "dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants d'ici 2025, soit 35 nouveaux territoires concernés", pour anticiper un durcissement des normes européennes de qualité de l'air qui devraient s'aligner sur les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus strictes. "Pour faciliter la création de ces zones à faibles émissions et au regard des nombreuses communes impliquées, cette compétence sera désormais confiée au président d'intercommunalité", précise le communiqué.
 
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