Villeurbanne: une maison partagée où cohabitent adultes valides et handicapés

A Villeurbanne, un habitat d'un genre inédit dans la région Auvergne Rhône-Alpes vient d'accueillir ses premiers résidents. Adultes handicapés, victimes de lésions cérébrales, et accompagnants valides partagent un même lieu de vie.

L’association Simon de Cyrène vient d’ouvrir sa nouvelle maison de l’espérance à Villeurbanne, la première en région Auvergne Rhône-Alpes. 

Cet habitat inclusif et partagé accueille des personnes en situation de handicap suite à des lésions cérébrales, des traumatismes crâniens, des accidents vasculaires cérébraux ou souffrant d’infirmité motrice cérébrale, ainsi que des personnes valides et un responsable d’appartement.

 

"Ouvertes sur la ville, sur leur quartier d'implantation, les communautés de vie Simon de Cyrène proposent aux personnes handicapées mais aussi aux assistants de vie et aux volontaires du Service Civique de partager un projet de "Vivre ensemble" fondé sur des relations humaines, amicales et fraternelles" précise l'association sur son site. 

Une structure à taille humaine, presque familiale

Parmi eux, Damien, handicapé de naissance, 39 ans, vivait déjà dans une maison Simon de Cyrène à Angers, mais il s’est rapproché de sa famille qui vit dans la Loire. Il y a aussi Meriem, qui souffre d’une maladie dégénérative, et sort d’un appartement où elle vivait seule avec seulement le passage des aides à domiciles et soignants. "J'ai choisi une vie avec plus de partage et de convivialité, pour bien s'amuser quoi..." résume-t-elle. 

 Il y avait 22 candidatures pour 12 places, mais tous doivent passer par un stage de deux fois une semaine, pour s'assurer que cela convient à leurs besoins et envies. L'idée est de savoir s'ils s’imaginent vivre avec leurs futurs voisins de paliers avec lesquels ils partageront aussi les espaces communs.

Il faut aussi vérifier que les accompagnants valides, salariés de l’association ou en service civique, se sentent en capacité de les prendre en charge.  Ainsi, des candidats sont actuellement en phase de découverte de cette nouvelle vie avant de décider si ça leur convient. 

Une solution d'avenir 

"Je vivais avec mes parents mais, ça fait 30 ans, ils fatigent... " raconte Anne-Laure, 50 ans qui voulait, dit-elle, "penser à une solution d'avenir." Son studio, comme ceux des autres résidents, mesure environ 30 m2, ceux des accompagnants mesurent 18m2.

Chacun paie un loyer et participe aux frais de nourriture et de fonctionnement de la colocation. Le repas est un vrai moment de vie en communauté, mais les résidents ont aussi un coin cuisine, s’ils préférent parfois manger de leur côté. Beaucoup d’activités sont possibles à l’extérieur pour chacun en « autonomie »…

La structure a été intégrée dans le projet de construction de la nouvelle école privée catholique sous contrat Sainte Thérèse (ensemble Immaculée Conception) sur le terrain de l’ancienne église du quartier Flachet Notre Dame de l’Espérance, désacralisée et démolie en 2019.

Ce projet a bénéficié de beaucoup de soutiens institutionnels et privés. La Région a versé 300 000 euros. La Métropole en a déboursé 60 000, pour la construction de la résidence sociale et doit aussi verser une aide au fonctionnement. 

Aujourd’hui, près de 220 personnes handicapées et valides, salariées ou volontaires, cohabitent dans les communautés de Simon de Cyrène à Villeurbanne, Vanves, Angers, Rungis, Saint-Apollinaire (Dijon) et Nantes.

 

 

 

 

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