Santé. Médecins, cliniques et hôpitaux privés... tous menacent de fermer en Rhône-Alpes

Le secteur privé se mobilise contre le projet de loi de santé. Du coup, des cabinets médicaux pourraient fermer pendant les fêtes et les cliniques et hôpitaux privés menacent de prendre la relève à la rentrée. La volonté du gouvernement de redonner du 'pouvoir' aux hôpitaux publics inquiète.

© Clinique Alpes-Belledonne
La liste des syndicats et fédérations mobilisés en Rhône-Alpes contre le projet de loi de santé est longue: FHP Rhône-Alpes, Confédération des Syndicats Médicaux Français (CMSF), Fédération des Médecins de France (FMF), Syndicat des Médecins Libéraux (SML) et le syndicat LE BLOC. Selon eux, le projet menace directement les 90 cliniques et hôpitaux privés ainsi que plus de 11.000 médecins libéraux de la région. Pour le contrer, les professionnels comptent d'abord sur un mouvement de fermeture des cabinets médicaux entre le 24 et le 31 décembre suivi par une cessation d'activité totale et illimitée des établissements de santé privés dès le 5 janvier 2015.

   >>> La liste des établissements privés par département rattachés à la FHP Rhône-Alpes

Fait rare, le projet de loi suscite contre lui un front uni des médecins libéraux et de l'hospitalisation privée.

Que reproche-t-on au projet de loi? 

Si la généralisation du tiers payant est la mesure la plus emblématique de la loi, c'est la petite phrase: "La loi réaffirme solennellement l'existence du service public hospitalier et rend obligatoires les groupements hospitaliers de territoires" qui inquiète particulièrement ces professionnels. 

En Rhône-Alpes, les cliniques et hôpitaux privés redoutent notamment:Frédérique Gama, Présidente de la FHP Rhône-Alpes, déplore que: "Cette loi ne se fonde pas sur l'efficience des services de santé. La qualité des soins proposés par les établissements privés n'est pas reconnue, alors que cette notion devrait être au coeur de la politique de santé. Il faut absolument pouvoir préserver la pluralité du système français qui permet d'avoir un système privé et public efficient."

De son côté, le Docteur Sylvie Filley Bernard de la CRPCMEHPRA, qui représente l'ensemble des médecins libéraux de la région exerçant en hôpitaux privés, est alarmiste: "L'offre de soins privée représente un service au public, reconnu par les patients qui nous font confiance. Nous craignons, avec ce projet de loi, de la voir disparaître au profit de méga-structures hospitalo-administratives sous tutelle directe de l'Etat."

"C'est un projet de nationalisation et d'asservissement de la médecine hospitalière ou libérale, avec tout ce que cela comporte en termes de perte de liberté du professionnel d'adapter le système au besoin de chacun et de prescrire en toute indépendance le juste soin dans le respect de l’intimité individuelle", exprime le docteur grenoblois Didier Legeais, vice-président de l'Union des Chirurgiens de France (UCDF) et membre du syndicat LE BLOC.

Frédérique Gama poursuit: "Ce projet de loi signe directement la mort du secteur privé de la santé qui se traduira par une situation de monopole des hôpitaux publics, situation jamais saine pour les usagers quelque soit le secteur d'activité."

Et les médecins? 

Les médecins libéraux s'inquiètent également de leur avenir: "le projet de loi va conduire à la disparition du médecin de famille au profit d'une médecine administrée où le parcours de soin du patient sera géré en dehors du praticien avec disparition du secret médical", déplore le Docteur Etienne Fourquet du Syndicat des Médecins Libéraux (SML).

Et même la généralisation du tiers payant ne fait pas l'affaire des "privés" qui pensent que cela va augmenter de manière significative la consommation des soins médicaux, et par là même les dépenses.Le Docteur Alain François, de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CMSF) affirme cette position:  "Nous nous opposons au tiers payant généralisé, tel que présenté dans le projet de loi, qui va bureaucratiser de manière significative la médecine libérale. D'autre part, nous voulons continuer à assurer notre mission de service public, sans avoir à renoncer, en dehors de ces missions, aux compléments d'honoraires indispensables à la survie de nos structures."

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