A Chambéry (Savoie) les jardins de la Cassine ne seront pas une nouvelle ZAD

Le projet d'installation d'un quartier d'affaires sur le terrain des jardins familiaux de la Cassine est dans les tuyaux depuis longtemps, mais c'est l'apparition d'un collectif de zadistes sur place qui a conduit l'agglomération savoyarde à entreprendre subitement les travaux de terrassement.

Par Céline Serrano

Protégés par un cordon de gendarmerie, les bulldozers ont entamé le terrassement de la parcelle d'un hectare mardi 3 février, sur décision de Chambéry Métropole, mais sans qu'aucun des jardiniers qui cultivaient ici leurs petites parcelles depuis plusieurs générations ne soit prévenus. Avertis par le voisinage, certains se sont alors rendus sur place pour tenter se sauver leurs outils et plantations. Choqués par cette destruction violente et brutale de leur petit coin de paradis, les membres de l'association Jardinons la ville protestent contre des travaux entamés sans aucune concertation ni justification à leurs yeux.

Propriétaire du terrain depuis 2005, Chambéry Métropole envisage d'installer, sur cette zone stratégique d'entrée de ville située aux abords de la gare, un quartier d'affaires. Le projet est encore flou, mais les élus précisent que si la présence des jardiniers était jusqu'alors tolérée, les conventions d'exploitation avaient pris fin au 31 décembre 2012. Ils n'avaient donc plus le droit d'exploiter cette parcelle.

les jardins de la Cassine l'été dernier


Mais ce qui a précipité l'intervention des bulldozers, c'est l'apparition il y a quelques semaines d'un collectif ZAD Cassine qui commençait à occuper les lieux. Pas question pour les élus savoyards de laisser s'installer une nouvelle Zone à Défendre sur leur territoire.

reportage de Céline Serrano et Jean-Christophe Solari
les jardins de la Cassine sont désormais un terrain vague
Intervenants : Lucy Croize asso Jardinons la Ville 73, Michel Dyen vice-président Chambery Métropole
Pour justifier la destruction de ces jardins, Chambéry Métropole met en avant une nécessaire dépollution de la parcelle. Une étude des sols aurait révélé en janvier 2014 la présence de métaux lourds, plomb cuivre et zinc notamment, dans des proportions supérieures aux normes réglementaires. Cette étude n'a jamais été rendue publique. Malgré leurs demandes répétées, les membres de Jardinons la Ville n'ont pu y avoir accès, et aucune mise en garde officielle n'a été effectuée auprès des jardiniers qui ont continué à consommer fruits et légumes issus de la parcelle polluée. Gêné, le vice-président de Chambéry Métropole et maire de Saint-Alban-Leysse Michel Dyen estime que cette consommation ne présente pas de danger, mais considère la dépollution nécessaire.

La communauté d'agglomération met en avant un procédé de dépollution écologique. La première couche de terre est retirée et sera réutilisée pour des plantations de pelouses, et la couche de terre arable restante sera plantée de maïs, qui au fil des ans absorbera les métaux lourds en excédent.

Les jardiniers espèrent qu'au moins ce processus leur permettra à nouveau de cultiver cette parcelle en toute sécurité. Rien n'est moins sûr, mais rien n'est certain n'ont plus, tant le projet d'aménagement du quartier est indéterminé.

D'ici là de nouveaux jardins familiaux devraient voir le jour dans le secteur du Lémenc à Chambéry. Les jardiniers de la Cassine devraient y avoir accès en priorité.

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