Chambéry : face à la galère des cours à distance, les lycéens dans le flou pour choisir leur orientation post-bac

La question de l'orientation devient de plus en plus délicate pour les lycéens, entre salons étudiants fermés et enseignements à distance. Même après plusieurs mois de cours hybrides, certains doivent s'accrocher pour garder la tête hors de l'eau.

Un lycéen regardant une vidéo pour préparer son baccalauréat. (Illustration)
Un lycéen regardant une vidéo pour préparer son baccalauréat. (Illustration) © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Seul dans sa chambre, Elliot Charra se concentre sur ses devoirs. Mais pour ce lycéen savoyard, étudier à distance une semaine sur deux devient de plus en plus compliqué. "Le plus dur, c'est de ne pas se perdre, raconte l'élève de première. J'ai la chance d'avoir des profs qui sont derrière moi, qui m'encouragent souvent à aller plus loin, à travailler. Je pense que c'est grâce aux profs que je tiens."

Face à la crise sanitaire, chaque établissement et chaque enseignant opte pour une organisation qui lui est propre. Au lycée Vaugelas, à Chambéry, certains professeurs ont mis en place des cours en vidéo pour faciliter l'apprentissage. "Il y en a qui mettent des logiciels en ligne pour nous faciliter l'organisation et c'est plus facile pour nous. Après, certains professeurs sont moins organisés et c'est un petit peu plus compliqué de suivre", reconnaît Monica, en classe de première.

Les élèves de cet établissement suivent des cours en présentiel trois jours par semaine. Un programme hybride instauré depuis la rentrée de septembre, auquel ils commencent à s'habituer. "Certains élèves sont très autonomes, ils ont juste besoin de la correction des exercices et ils avancent tous seuls. En même temps, ça me libère du temps pour les autres élèves qui sont plus en difficulté", explique Gédéon Legaut, professeur de physique chimie.

Face à la galère des cours à distance, les lycéens dans le flou pour choisir leur orientation

 

Un frein à l'orientation

Dans une autre salle du lycée Vaugelas, Irène Debost commence son cours, téléphone à la main, en s'adressant aux élèves présents dans la classe et ceux travaillant depuis chez eux. La professeure de philosophie leur envoie le cours écrit en amont pour leur permettre de mieux suivre... même à distance. "Le cours est parfois complexe, et l'angle de vision n'est pas toujours parfait. Dans un cours, on bouge, on passe dans les rangs, on écrit... Mais le fait qu'ils aient reçu le cours avant facilite la compréhension", estime l'enseignante.

A partir du lundi 25 janvier, les élèves de terminale de ce lycée pourront retourner en présentiel à temps plein sur décision de l'Education nationale. Une mesure essentielle pour leur dernière année, selon le proviseur du lycée, Claude Desbos. "On se doit de les accompagner et de leur permettre de retrouver de la régularité de présence dans un établissement scolaire pour que, l'année prochaine, ils puissent repartir dans le cadre de leur choix d'orientation du supérieur, dans des conditions et dans une habitude de travail plus forte", juge-t-il.

En classe de terminale, les élèves doivent aussi s'inscrire sur Parcoursup, la plateforme leur permettant de sélectionner un cursus après le bac. Mais avec les incertitudes de la crise sanitaire, beaucoup d'élèves semblent perdus. "Il n'y pas les portes ouvertes des université. Pour voir, il faut tout chercher par nous-mêmes. On se débrouille, mais c'est beaucoup plus compliqué", regrette Titouan, en classe de terminale. Selon une étude, 69% des lycéens français estiment que la crise du Covid-19 est un frein pour leur orientation post-bac.

 

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