Chambéry : un quinquagénaire jugé pour avoir fait asperger du vitriol sur son ex-femme

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Écrit par M.D. avec AFP

Un homme de 52 ans comparaît à partir de jeudi devant la cour d'assises de la Savoie, accusé d'avoir commandité l'agression à l'acide sulfurique de son ex-femme il y a quatorze ans. L'accusé avait pris la fuite en Albanie.

Le 14 septembre 2006, une femme était aspergée d'acide sulfurique par un individu ganté et cagoulé devant chez elle, à Chambéry. Elle a été brûlée au deuxième et troisième degrés, au visage et au corps, alors qu'elle rejoignait son véhicule, entourée de ses deux filles.

C'est son ex-mari, Nexhmédin Dardha, 52 ans, qui comparait aujourd'hui devant la cour d'assises de la Savoie, quatorze ans après les faits. Le quinquagénaire de nationalité albanaise, accusé d'avoir commandité cette agression à l'acide sulfurique, comparaît pour complicité d'actes de torture ou de barbarie aggravés. Son procès s'est ouvert jeudi 12 novembre, il a demandé dès le début de l'audience à être assisté d'un interprète.

L'accusé avait été immédiatement soupçonné d'être le commanditaire de cette agression. Divorcé de la victime depuis septembre 2004, il entretenait avec elle des relations tumultueuses. L'enquête avait révélé qu'il la considérait comme "une femme à abattre". L'année de son agression, son ex-épouse avait déjà porté plainte à deux reprises contre son ex-mari pour sabotage de son véhicule et menaces de mort.

 

Fuite en Albanie


Un premier procès devant la cour d'assises de la Savoie, en 2009, avait condamné l'auteur de l'agression à l'acide sulfurique à dix ans de réclusion criminelle. Celui qui lui avait servi de chauffeur avait été condamné pour complicité d'actes de torture et de barbarie aggravés à cinq ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve. 

A cette époque, Nexhmédin Dardha était en fuite en Albanie, pour s'occuper de sa mère, a-t-il assuré jeudi devant la cour d'assises. Il avait été condamné par défaut à vingt ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté aux deux tiers. Soit le maximum toujours encouru par l'accusé. 
 
Alors qu'un mandat d'arrêt avait été délivré en septembre 2006, le quinquagénaire a finalement été interpellé en Italie l'an passé. D'où la tenue de son procès quatorze ans après les faits.