Savoie : les producteurs de vin, victimes collatérales de la fermeture des restaurants et des stations de ski

La fermeture des remontées mécaniques a un impact sur les saisonniers mais aussi sur d’autres secteurs économiques. En Savoie, les producteurs de vin ont du mal à écouler leurs stocks à cause de la fermeture des restaurants et des stations. 

Avec la fermeture des restaurants et des stations, les viticulteurs savoyards ont du mal à écouler leurs stocks de vin.
Avec la fermeture des restaurants et des stations, les viticulteurs savoyards ont du mal à écouler leurs stocks de vin. © G. Lespinasse / France 3 Alpes

À Jongieux, en Savoie, Patrice Jacquin nous emmène au cœur de ses stocks. Dans l’entrepôt de ce vigneron, 250 000 bouteilles dorment en silence et connaissent un vieillissement forcé.

"Les vins seront de très grande qualité, ça c’est certain, estime Patrice Jacquin, vigneron propriétaire récoltant au domaine Edmond Jacquin. On aura de très beaux vins et nous n’attendons qu’une chose : c’est que tout ce qui est hôtellerie, restauration et évènementiel rouvre rapidement. Aujourd’hui, nous sommes à -60% du chiffre d’affaires normal. Et au moins de février, on va quasiment passer à -80%". 

Toute une filière en souffrance 

Avec les remontées mécaniques fermées et les restaurants à l'arrêt : finies les  raclettes, fondues ou autres tartiflettes en station.

Cette situation est un coup dur pour les quelque 500 producteurs et coopératives sous appellation vins de Savoie. Avec eux, c’est toute une filière qui souffre avec des professionnels de l’ombre comme Fabien Buffard. Agent commercial, il fait le lien entre les acteurs de la vigne et ceux de la montagne.

"C’est une très grosse perte pour le domaine et pour moi, reconnaît-il. La saisonnalité représente 50% de mon chiffre d’affaires. Donc on essaie de se réinventer, d’aller chercher les nouveaux clients tout en respectant ceux qu’on a déjà actuellement. On essaie de trouver des boucheries ou des épiceries fines pour revendre nos vins".

Se réinventer pour ne pas sombrer

Pour survivre, les professionnels du vin n’ont d’autres choix que de se réinventer et de proposer d'autres services. Vincent Pierroz, caviste, est venu spécialement de Haute-Savoie pour visiter le domaine Jacquin et composer ses propres assemblages de vin.

"On est unis avec un poissonnier, un boucher et un fromager. On est tout un groupement assez dynamique sur les métiers de bouche. Grâce au premier confinement, on s’est unis pour pouvoir proposer un service local à notre clientèle dans le bassin de la vallée de l’Arve".

Dans l'avant-pays savoyard, la famille Jacquin continue d’entretenir patiemment ses 37 hectares de vignoble et de soigner ses vins en attendant des jours meilleurs.

 

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