Dégâts du gel : la récolte "réduite à néant" pour certains arboriculteurs en Savoie

L'épisode de gel tardif du printemps dernier a fait perdre la quasi-totalité des récoltes de pêches et de pommes à certains arboriculteurs en Savoie. Le moment est venu de chiffrer les dégâts, dans l'attente de percevoir les aides de l'Etat.
La récolte des fruits est mitigée cet été en Savoie à cause de l'épisode de gel survenu au printemps. (Illustration)
La récolte des fruits est mitigée cet été en Savoie à cause de l'épisode de gel survenu au printemps. (Illustration) © Franck Dubray / MAXPPP

Sale temps pour les arboriculteurs. Alors que le moment de la récolte est venu, la plupart des arbres fruitiers sont désespérément nus. Pêchers et poiriers ont été lourdement touchés par l'épisode de gel tardif du printemps dernier. Avec quelques mois de recul, les exploitants peuvent enfin chiffrer les dégâts.

"L'année passée n'était déjà pas extraordinaire mais on avait quand même ramassé 12 tonnes de pêches. Cette année, si tout va bien, on va arriver à 100 ou 150 kg. C'est vraiment une récolte réduite à néant", constate Jean-Luc Girardin, arboriculteur à La Motte-Servolex (Savoie).

Dégâts du gel : la récolte "réduite à néant" pour certains arboriculteurs en Savoie

La vague de gel qui a frappé de plein fouet la Savoie et la Haute-Savoie en avril avait causé d'importants dégâts aux exploitations arboricoles et viticoles en pleine floraison. L'arboriculteur de La Motte-Servolex estime avoir perdu entre 80 et 100% de ses pêches et poires. Mais la récolte des pommes devrait permettre de limiter la casse. Ces arbres ont mieux survécu que prévu grâce à leur floraison plus tardive. La récolte doit avoir lieu fin octobre.

"En pommes, on est entre 40 et 60% (de pertes). La pomme va permettre de dire que l'année ne sera pas catastrophique. Pour nous, le plus important c'est d'avoir quelques fruits à vendre à nos clients pour garder contact avec eux l'année prochaine", explique Jean-Luc Girardin, également président du Syndicat des fruits des Savoie.

 

Les aides de l'Etat, "une question de survie"

Dans sa coopérative, les pêches et abricots commercialisés proviennent de la Drôme en attendant la saison prochaine. Mais difficile de se tourner vers l'avenir sans connaître le montant des aides qu'il va percevoir. "Pour certaines exploitations, ce niveau d'indemnisation sera une question de survie. On aura besoin de trésorerie pour le début de l'année 2022 pour acheter des avances de cultures", complète l'exploitant.

Vendredi 6 août, une deuxième expertise devrait confirmer le régime de calamité agricole en Savoie. Les arboriculteurs pourraient toucher 10 000 euros par hectare en mai 2022. Un plan de plus d'un milliard d'euros avait été annoncé par le gouvernement au plus fort de la crise pour faire face à cet épisode ravageur, qualifié de "plus grande catastrophe agronomique de ce début de siècle" par le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie.

 

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