Savoie : des aides pour les agriculteurs touchés par l'épisode de gel, "on a perdu un cépage qui débourre tôt"

Le Conseil Savoie Mont-Blanc a annoncé jeudi 27 mai avoir validé le principe d'un plan d'aide exceptionnelle en faveur des viticulteurs et arboriculteurs durement touchés par l’épisode de gel d’avril dernier. Sur le terrain, les dégâts sont très variés.

En Savoie, les vignes ont souffert d'un épisode tardif de gel au mois d'avril.
En Savoie, les vignes ont souffert d'un épisode tardif de gel au mois d'avril. © Vincent Isore / MAXPPP

Adrien Berlioz exploite sept hectares de vignes répartis sur les communes de Chignin, Montmélian et Arbin, qui s'élèvent sur les rudes pentes des contreforts du massif des Bauges. Il s'estime chanceux, puisque le fort épisode de gel d'avril n'a pas fait beaucoup de dégâts sur son domaine. "On a perdu un cépage, l'altesse, qui débourre tôt et qui a souffert du gel. Mais pour le reste, Chignin n'a pas été trop touché par l'épisode de gel. Pour l'ensemble de nos autres cépages, on n'a presque pas eu de dégâts. Mais il faut savoir que nous faisons de petits rendements à l'hectare. En Savoie, ceux qui font beaucoup de rendement ont perdu en moyenne 20% de leur raisin", confie ce vigneron. Adrien Berlioz ne demandera pas d'aides exceptionnelles pour pallier les dégâts du gel. 

C'est pour aider les agriculteurs, dont les cultures ont davantage souffert, que le Conseil Savoie Mont-Blanc, la structure où coopèrent les deux départements savoyards, a décidé jeudi 27 mai d'acter des aides exceptionnelles, dont les modalités n'ont pas encore été précisées. Ces subventions seront en quelque sorte une rallonge de l'aide d'urgence de l'Etat, estimée à 140 000 euros pour les territoires savoyards et haut-savoyards. "C'est un bel effort des départements", juge Emmanuel Michaud, animateur au sein de la FDSEA 73. 

 

Les arboriculteurs sont les plus touchés

Plus d'un mois après la vague de froid, ce sont les arboriculteurs qui semblent les plus touchés par le gel. "L’ampleur des pertes reste encore à préciser. Les premières enquêtes de terrain réalisées mi-mai indiquent que les pertes en poires pourraient être de l’ordre de 80 % et de 60 % en pommes", indique le Conseil Savoie Mont-Blanc. 

"Sur les poires, on est quasiment à 100% de dégâts par endroit. Pour les pommes, c'est légèrement inférieur. Les aides s'orienteront sûrement plus sur l'arboriculture", précise Emmanuel Michaud de la FDSEA. 

 

"On s'en sort super bien comparé aux vignerons du Jura ou de la Bourgogne"

En viticulture, les premières enquêtes de terrain auront lieu début juin.  "On ne sait pas encore exactement ce qui a gelé, ce qui va repartir dans les vignes. C'est assez variable selon les expositions, les types de raisin, les pentes", explique Thierre Bonnamour, porte-parole du syndicat Confédération paysanne en Savoie. 

Basé sur la commune de Saint-Pierre d'Albigny, nichée dans la combe de Savoie, Mathieu Goury gère le domaine de Chevillard, 12 hectares de vignes biologiques. Très inquiet lors de l'épisode de gel en avril, il estime finalement que les dégâts sont limités. "L'altesse a été ravagée, mais pour le reste on a une perte limitée qu'on estime entre 10 et 15% de notre rendement. En 2017, cela avait été beaucoup plus dur, on avait tout perdu. Cette année, on s'en sort quand même super bien comparé aux vignerons du Jura ou de la Bourgogne", raconte t-il. 

Selon lui, le morcellement de son domaine, qui s'étend sur huit communes autour de Saint-Pierre d'Albigny, lui a permis d'éviter des dégâts trop importants. "Le gel comme la grêle, cela peut être localisé. Avoir un domaine morcelé permet d'éviter de tout perdre d'un coup", ajoute t-il. Pour Mathieu Goury, les aides doivent être versées à ceux qui ont tout perdu.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture viticulture