INSOLITE. Il pèse une tonne et se joue à 60 mains : découvrez le gamelan, cet orgue monumental indonésien récemment installé en Savoie

C'est la surprise de la semaine pour les musiciens de l'école de musique d'Aime en Savoie. Un gamelan de l'île de Bali en Indonésie a pris place dans la salle de concerts. Cet orgue géant pèse une tonne et se joue à 60 mains.

"Imaginez un orchestre symphonique sans chef d'orchestre. Au premier mouvement, vous êtes à la clarinette, au second au tuba, au troisième au violoncelle, et vous finissez aux timbales... Et bien, avec un gamelan, c'est possible !"

Jean-Pierre Goudard est le propriétaire de l'instrument qui fait figure d'OVNI (ou plutôt d'OMNI pour Objet Musical Non Identifié) depuis qu'il a investi lundi dernier la grande salle du Cali'Son, l'école de musique, théâtre et danse de la communauté de communes des Versants d'Aime en Savoie

Une tonne pour 100 mètres carrés au sol

D'abord, par ses dimensions. On ne loge pas aisément un instrument composite qui pèse une tonne et occupe au sol une surface avoisinant les 100 mètres carrés ! 

"Je suis musicien, auteur, compositeur et j'ai toujours eu la passion des grands ensembles, de jazz notamment, même si les faire tourner est devenu très difficile de nos jours. Alors quand j'ai croisé la route du gamelan, il y a plus de 20 ans, j'ai été séduit par le fait qu'un tel objet d'art puisse permettre quasi instantanément de produire des sons magnifiques !"

Les sessions qui sont proposées cette semaine à toutes les écoles de la communauté de communes ayant des partenariats avec le Cali'Son d'Aime n'excèdent pas deux heures. Apparemment suffisant pour approcher un nouveau monde, pas seulement musical.

Le véhicule d'une "âme sociale"

S'il existe des gamelans d'autres origines, javanaise notamment, celui installé en Tarentaise est bien davantage qu'un simple instrument de musique : c'est surtout le miroir d'une culture insulaire participative.

"A Bali, dès que l'on est adulte, on doit savoir jouer du gamelan", explique encore Jean-Pierre Goudard.  Il est le reflet d'une société de riziculteurs qui, depuis des siècles, vit selon les règles d'un système d'irrigation qui doit profiter à tous. Chacun ayant son petit rôle à tenir pour que l'eau soit répartie équitablement et que les canaux qui l'acheminent soient bien entretenus. On pense que c'est véritablement à la source de la façon dont les Balinais envisagent la musique".

Une organisation sociale tout entière contenue dans la façon de jouer du gamelan. Ce qui en fait un outil de communication, de partage et d’échange sans égal dans une formation musicale. 

"C'est un vrai instrument collaboratif et intergénérationnel , s'enthousiasme pour sa part Jean-Claude Chotard, le directeur du Cali'Son. On a des élèves de 3 à 100 ans qui peuvent jouer ensemble grâce au gamelan. Pas besoin d'être un immense musicien. Chacun à son niveau peut jouer une note, deux notes sur 10 ou davantage, peu importe : le morceau ne peut être beau que si tout le monde joue. 

C'est comme si on avait un immense orgue avec un musicien pour chaque jeu.

Jean-Claude Chotard, directeur de Cali'Son

Au total, ce sont une trentaine de musiciens qui peuvent jouer ensemble sur l'instrument géant indonésien. Depuis lundi 27 février, écoliers, lycéens, musiciens, danseurs ou acteurs de l'école de musique d'Aime, viennent s'essayer au gamelan, par session de deux heures chacun. 

"En tout ce sont 470 personnes qui auront joué du gamelan d'ici la fin de la semaine", se félicite le directeur de l'école Cali'Son. "Même notre chœur de retraités, et l'harmonie municipale ont réservé leur session" , conclut Jean-Claude Chotard. 

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Jusqu'à la fin de la semaine à Aime en Savoie un gamelan, un instrument de musique géant indonésien, permet à 500 élèves et adultes de tous âges de créer des oeuvres originales, sans connaître le solfège ©France 3 alpes

 

Un "carton plein" de réservations qui paye tous les efforts consentis pour faire venir l'imposant instrument jusqu'en France. "A l'époque où je l'ai acheté, on m'avait promis qu'il arriverait en trois semaines et à Marseille," se souvient son propriétaire qui attendait alors son gamelan pour en faire le centre de sa vie professionnelle en fondant son groupe baptisé "KoteKan". "Résultat : il a mis quatre mois et il est arrivé...au Havre".

Une navigation en eaux plus calmes est prévue dans les prochains mois pour le gamelan de Jean-Pierre Goudard. Après la Savoie, c'est à Assieu, près de Vienne en Isère, qu'il posera ses bagages de dorures et de sons exotiques à partir du 27 mars prochain.

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