Lyon-Turin : des maires de Savoie poussent un coup de colère pour demander au gouvernement d'agir

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Reportage "Coup de colère des maires de Maurienne sur TGV Lyon Turin" ©France Télévisions

Quinze millions d'euros manquent à l'appel pour le projet de construction du TGV Lyon-Turin. Sans cette somme, la France ne pourra pas bénéficier des aides européennes. Face à l'absence de réponse de l'État, les maires de Maurienne ont proposé d'assumer eux-mêmes cette enveloppe.

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Tic-tac, tic-tac... Il reste moins de quinze jours à la France pour faire connaître son plan de financement des accès français à la ligne de fret Lyon-TurinS'il manque le coche, l'Hexagone ne pourra pas bénéficier de l'aide de l'Europe, qui contribue à 50 %. Impensable pour Jean-Paul Margueron, président de la Communauté de communes Cœur-de-Maurienne Arvan, qui compte 15 000 habitants, répartis sur quatorze communes.

Dans ses vœux pour la nouvelle année, à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), ville usine du Lyon-Turin, l'élu a fait une proposition choc : financer, sur les fonds propres de la communauté de communes, les 15 millions d'euros qui manquent pour financer les accès français du futur Lyon-Turin.

"Nous n'en avons pas les moyens"

“C’est un effet d’annonce pour faire le buzz et faire réagir les élus et les membres du gouvernement, avance Clarisse Spagnol, membre de l’opposition de Saint-Jean-de-Maurienne, commune dont Jean-Paul Margeron est le premier adjoint. C’est une bonne idée, peut-être que cela provoquera un électrochoc. Même si nous savons que nous n'en avons pas les moyens."

Le coût du projet est estimé entre 8 et 9 milliards d'euros, pris en charge par la France, l'Italie et l'Union européenne, pour le seul tunnel de 57,5 kilomètres. Il doit relier l'Italie et la France, en traversant les Alpes. Côté français, des voies d'accès sont construites en Isère et en Savoie pour rejoindre cette galerie.

“J'ai dit qu'on mettrait les 15 millions... Et qu'après, on enverrait les factures à qui de droit. C’est un coup de colère, s'emporte Jean-Paul Margueron. Que représentent 15 millions d’euros pour un projet comme le Lyon-Turin ? Si sans ces 15 millions, on perd les études, alors on perd ce que doit nous donner l'Europe.”

Repousser le projet à 2029 ?

Repousser le projet à 2029 ? Une issue jugée impensable en juin dernier lors d'une réunion à l'Élysée avec les élus mauriennais. Une hypothèse que l'on n'exclut plus à présent.

“Je pense qu'il y a des hauts fonctionnaires qui nous mettent des bâtons dans les roues. Aujourd'hui, les Italiens sont prêts, ils ont fait toutes les études. Et nous, à Saint-Jean, on aura un entonnoir, tonne le président de la communauté de communes. Pour arriver à Saint-Jean, on aura un TGV qui arrivera par une grande ligne, on aura du fret, et après, on prendra la ligne historique.”

D'autant que le chantier a déjà commencé. Il y a moins d'un mois, l'Italie a entamé les travaux à Chiomonte (Piémont). "L'ouverture de ce chantier est là pour témoigner que le processus de construction du Lyon-Turin est désormais irréversible", assurait alors le président de la région Piémont et membre de la majorité de la présidente du Conseil italien Georgia Meloni, Alberto Cirio. Fin décembre, un tunnelier du chantier du Lyon-Turin, chargé de creuser un tunnel de 18 km entre les deux pays, est sorti de l'usine d'Herrencknecht en Allemagne.

Quand il y a du flou, il y a un loup. Une expression que les maires de Maurienne ont fait leur, sur le dossier Lyon-Turin. Ils s'étaient suspendus à leur clocher, il y a onze ans, pour sauver leur usine d'aluminium. Quant à la construction du TGV vers Turin, ils se disent aujourd'hui prêts à tout.