Lyon-Turin : 3 200 tonnes et 334 mètres de long, le tunnelier qui creusera entre la France et l'Italie est sorti d'usine

Un quatrième tunnelier du chantier du Lyon-Turin, une voie ferroviaire destinée au fret entre la France et l'Italie, a fini d'être construit en Allemagne. Avec ses 14 moteurs, ses 3 200 tonnes et ses 334 mètres de long, il sera chargé de creuser un tunnel de 18 km entre les deux pays.

C'est un mastodonte qui est sorti de terre ce jeudi 21 décembre. Un des principaux tunneliers, chargé de creuser le tunnel de base entre la France et l'Italie, a été réceptionné à l'usine d'Herrencknecht en Allemagne.

Cette machine de 3 200 tonnes et 334 mètres de long aura pour objectif de creuser la partie centrale du tunnel de base du Mont-Cenis, qui traversera la frontière entre la France et l'Italie.

Avec sa roue de coupe de 10,4 mètres de diamètre et ses 14 moteurs électriques pour une puissance totale de 4 900 kW, il a été conçu pour excaver 18 km de tunnel.

Creuser la paroi

"Il s'agit d'un tunnelier à 'gripper' qui s'appuie directement sur les parois du tunnel avec ses deux patins et se pousse en avant tandis que sa tête, équipée de 62 molettes, tourne en creusant la roche. Les matériaux excavés sont évacués sur un tapis roulant situé au centre du tunnelier", indique Telt, le gestionnaire des travaux.

"Pendant le creusement, des équipements spécifiques du tunnelier permettent de soutenir l'excavation en appliquant du béton projeté sur les parois, ou en installant des boulons et des cintres. Derrière lui, avance une autre machine longue de 650 mètres, qui réalise le revêtement définitif en béton du tunnel", poursuit le document.

Un chantier contesté

Bien que lancé depuis plusieurs mois, ce chantier reste contesté aussi bien en France qu'en Italie. Selon les opposants à ce projet, la ligne historique, déjà existante, serait sous-exploitée. Celle-ci devrait permettre de transporter près de 10 millions de tonnes de marchandises par an. Mais seules 2,9 millions de tonnes ont été mises sur les rails de cette ligne, en 2018. Les opposants s'interrogent donc sur la nécessité de construire une nouvelle ligne, alors que le tracé historique n'est pas exploité à son plein potentiel.

Ce chantier est aussi critiqué pour ses conséquences environnementales. Les opposants au Lyon-Turin mettent en avant le captage et l'accaparement d'eau souterraine pour mener à bien les chantiers, l'artificialisation de 1 500 hectares de terres agricoles et forêts, les émissions de dioxyde de carbone ainsi que les tonnes de déchets déplacés pour creuser les tunnels.