Savoie : 200 saisonniers en grève tractent sur un rond-point à Moûtiers contre la réforme de l'assurance chômage

Des grévistes bloquent les remontées mécaniques des Deux-Alpes le 17 février 2016, image d'illustration. / © Aurore Vassal / MaxPPP
Des grévistes bloquent les remontées mécaniques des Deux-Alpes le 17 février 2016, image d'illustration. / © Aurore Vassal / MaxPPP

Quelque 200 saisonniers se mobilisent ce samedi matin sur la route des stations de ski en Savoie pour alerter les touristes sur les répercussions attendues de la réforme de l'assurance chômage.

Par TH avec AFP

En plein samedi de chassé-croisé sur la route des stations, classé rouge dans le sens des départs par Bison Futé, quelques 200 manifestants se sont positionnés au rond-point stratégique de l'entrée de Moûtiers. Pour protester contre la réforme de l'assurance chômage, ces saisonniers des stations de ski sont en grève reconductible à partir de ce samedi 15 février.
 

Ce rond-point, c'est l'embranchement des routes qui mènent aux différentes stations de la vallée de la Tarentaise comme Les Arcs ou Val Thorens. "On veut informer et être visibles. On ne veut pas emmerder les touristes, ce sont eux qui nos apportent du boulot", explique Antoine Fatiga de la CGT remontées mécaniques.

Les automobilistes sont accueillis par la banderole : "Retraites, chômage, saisonniers précarisés, vacances mal engagées, merci Macron". Et les manifestants ralentissent le trafic en distribuant des tracts, le plus souvent dans une ambiance bon enfant.
 

"On va être encore plus précarisés"


La CGT redoute certaines dispositions prévues par les nouvelles règles de l'assurance-chômage à partir d'avril, en particulier "des retombées négatives liées à l'augmentation de la durée de 4 à 6 mois de contrat pour l'ouverture des droits, la suppression de la recharge au bout d'un mois de travail ainsi que le mode de calcul de l'indemnité réduisant, suivant les cas, de moitié cette allocation".
 

"Le risque c'est qu'on ait une pénurie de ressource de contrats de travail et on sait l'impact que ça aurait sur l'économie des stations", insiste Fabrice Michaud, secrétaire général de la Fédération des Transports de la CGT.

"On va être encore plus précarisés avec ces réformes. Il faudra six mois au lieu de quatre pour prétendre à une allocation chômage", estime Christophe Dupuis, qui travaille à La Plagne comme pisteur-secouriste l'hiver et maître-nageur l'été.

Le ministère du Travail doit présenter la semaine prochaine "un plan d'accompagnement" pour les saisonniers des remontées mécaniques conscient de la spécificité de la montagne "où il n'y a, dans certaines vallées, simplement pas d'emplois au printemps ou à l'automne".
 

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