Savoie : Bessans et Bonneval-sur-Arc labellisés "Terre d’Alpinisme" par le comité National Unesco

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Écrit par I.G

Dès ce 29 juin, Bessans et Bonneval sont labellisées "Terre d’alpinisme" par l’Unesco. Une reconnaissance internationale de la qualité naturelle de ce territoire, été comme hiver, et de sa longue histoire avec l’alpinisme. En France,jusqu’à aujourd’hui, seule Chamonix affichait ce label.

L’alpinisme est inscrit au Patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’Unesco depuis le 11 décembre 2019. La reconnaissance au plus
niveau international de l’alpinisme
 a été obtenue au terme d’une démarche initiée au début des années 2010 par les villes de Chamonix-
Mont-Blanc et de Courmayeur, puis par la Suisse.

Selon la définition de l'Unesco, l’alpinisme est "l’art de gravir des sommets et des parois en haute montagne". Mais pour prétendre à l'inscription, le Comité Unesco prend aussi en compte "l’histoire, la culture, l’esthétisme et l’éthique".


Pour prétendre à l’obtention du label "Terre d’alpinisme» décerné par le Comité Unesco, Bessans et Bonneval sur Arc devaient en effet faire preuve d’une histoire, vivante à travers ses traditions, d’un ancrage local, d’une représentation internationale, de valeurs universellement partagées et de l’existence d’une transmission, et de structures l’assurant (clubs, écoles spécialisées, revues, sites web). Bessans et Bonneval sur Arc cochent toutes ces cases.

"Nous avions tous les atouts

«Nous avions tous les atouts sur notre territoire à Bessans et Bonneval sur Arc pour prétendre obtenir ce label «Terre d’Alpinisme». Un label qui est aussi une opportunité de relancer, dynamiser et développer la pratique de l’alpinisme en mettant en avant les valeurs portées par ce classement au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité» précisent Yannick Anselmet et Laurent Boniface, co-présidents de l’Association «Bessans / Bonneval-sur- Arc Territoire d’Alpinisme» qui a été créée fin 2020 pour porter la candidature puis pour mettre en oeuvre des actions liées à l’alpinisme

 

Une histoire forte et locale avec l’alpinisme 

Des guides locaux ont apporté leur pierre à la naissance et au développement de l’Alpinisme en France fin 19ème début du 20ème siècle : Jean Joseph Blanc (1842 –1914) dit le Gréffier fut l’un des premiers guides de haute montagne, et son fils Pierre Blanc (1881- 1966), dit Le Pape, fut nommé guide à l’âge de 22 ans.

Pierre Blanc a grandement contribué à une meilleure connaissance de tous les sommets de la haute vallée de l’Arc. Il a aussi conduit des clients dans les autres massifs alpins et a mené deux expéditions dans l'Himalaya.

De grands noms de l’alpinisme ont parcouru les sommets de Haute Maurienne Vanoise comme William Auguste Coolidge ou Lionel Terray.


Des atouts naturels

Le territoire est entouré de plus de 50 sommets de plus de 3000 mètres et de nombreux glaciers. Un excellent terrain de découverte, d’initiation et de perfectionnement pour un « alpinisme soft » et familial. Un terrain exceptionnel pour le ski de randonnée et le ski alpinisme du débutant à l’expert, avec notamment la vallée d’Avérole  "un des plus beaux spots pour le ski de randonnée" selon l’explorateur et alpiniste français Jean Louis Bernezat.

Le territoire  apporte aussi une garantie d’enneigement pour les années à venir, selon les derniers modèles de Météo France qui permet alpinisme hivernal, ski alpinisme et le ski de randonnée.

Enfin, il comporte 4 refuges : Bonneval sur Arc, Avérole, Carro et Evettes et des professionnels (guides et accompagnateurs) présents à l’année sur Bessans et Bonneval sur Arc.

Un label qui pose aussi des exigences

Un label donc, mais aussi des "devoirs". Bessans et Bonneval, avec l’association "Bessans / Bonneval-sur- Arc Territoire d’Alpinisme» et ses partenaires, doivent mettre en oeuvre de nombreuses actions, selon la classification demandée par la FFCAM et le Comité National Unesco.

Parmi les impératifs :  la valorisation des 4 refuges en formant les gardiens sur l’alpinisme, l'organisation chaque année d’une journée "propreté " autour d’un refuge, la sensibilisation de nouveaux publics à la découverte de l’alpinisme et du ski de randonnée via des actions de communications digitales, sur les réseaux sociaux ou en format papier. Ils doivent en outre s'engager à développer  des événements et des animations autour de l’alpinisme.

Le label est d'ailleurs délivré pour une durée de trois ans reconductibles, si ceux qui le portent s'acquittent de ces exigences.