Soixante ans de classe de neige

Les élèves d'une école primaire à Vanves en classe de neige / © France 3 Alpes
Les élèves d'une école primaire à Vanves en classe de neige / © France 3 Alpes

Elles existent depuis 1950. Depuis, plusieurs générations se sont succédé dans les centres de vacances savoyards. Exemple avec une classe de primaire francilienne en visite à La Féclaz en Savoie. 

Par Linh-Lan Dao

Cours le matin, pistes de ski l’après-midi…Cette formule permet aux élèves de découvrir, souvent pour la première fois de leur vie, les joies de la montagne. Comment oublier ses premiers pas sur les skis, son premier flocon ?

Tout commence en 1950. La première expérience de classe de neige doit son existence à une institutrice du cours privé Victor Hugo à Paris. Avec l’aval du directeur, elle emmène sa classe à Praz-sur-Arly en Haute-Savoie, au chalet des Bambinos.

Dès 1953, sous l’impulsion de Max Fourestier, alors médecin chef des écoles de Vanves, l’Education nationale officialise le concept ; cela permet à d’autres classes de partir. Appelé mi-temps pédagogique, il a pour objectif de transplanter la classe à la montagne...

Cela fait donc près de 60 ans qu'elles existent. Aujourd’hui, c’est à La Féclaz, en Savoie, que les enfants de Vanves sont venus apprendre le ski. Même loin de leurs parents, les petits ont pris goût à leur nouvel environnement. 

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Classe de neige à La Feclaz (73)
Intervenants : Zelie - 7 ans, Pénélope - 8 ans, Anis - 7 ans 1/2, Christophe Barbier, directeur du Chalet du Croc, Margot - 8 ans

Une formule de plus en plus rare


Les classes de neige connaissent un âge d’or entre 1970 et 1995 - elles vont même jusqu'à inspirer le cinéaste Claude Miller, avec son film "La classe de neige" (1988). Elles finissent par tomber dans la désuétude. Car pour faire partir une classe, il faut des enseignants motivés, et ceux-ci sont de plus en plus rebutés par l’investissement personnel et le coût financier qu’impliquent ces séjours. Chiffre significatif : en 15 ans, le nombre de nuitées dans les centres de vacances de Haute-Savoie a chuté de 40%. C’est pourtant le premier département d’accueil du tourisme en montagne pour les enfants.

Pour les stations, un enjeu économique


Ces classes transplantées représentent pourtant un enjeu économique pour les stations de ski, car elles les font vivre hors des vacances scolaires. Elles sont aussi le vivier de la clientèle future des grandes stations de ski : c’est souvent au cours de ces classes que naissent les premières passions pour les sports d’hiver, chez des enfants qui ne sont pas de la région !

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