VIDEO. En Savoie, Yannick Jadot défend les salariés de FerroPem et la souveraineté industrielle

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Écrit par MCP avec AFP

Yannick Jadot, le nouveau candidat des écologistes à la présidentielle a réservé ce jeudi 30 septembre son premier déplacement de campagne pour "soutenir" des salariés de FerroPem. L’usine savoyarde, qui produit du silicium, est menacée de fermeture.

Devant une petite centaine d'ouvriers, réunis dans la cour de l'usine FerroPem, située sur le site de Chateau-Feuillet, à La Léchère, dans la vallée de la Tarentaise, le candidat des écologistes, désigné de justesse mardi à l'issue d'une primaire, insiste sur "une situation dramatique : il y a urgence à arrêter un processus complètement absurde", alors que la négociation du plan social se termine fin octobre.

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Le 30 mars, Ferroglobe, la maison-mère de Ferropem, a annoncé la fermeture de ses deux usines alpines, avec à la clef la suppression de 131 emplois aux Clavaux (Isère) et 221 emplois à La Léchère, pour "défaut de compétitivité".

Cette situation est "surtout liée à des opérations hasardeuses de la direction", dénonce Yannick Jadot. "J'appelle le président de la République à suspendre le Plan social (Plan de sauvegarde de l'emploi) et à imposer à FerroPem, qui reçoit beaucoup de subventions publiques, de reprendre la production", s'est-il écrié, sous les applaudissements.

 

357 familles concernées

"L'enjeu c'est 357 familles, dans une région qui a déjà perdu pas mal d'usines". "Quand vos usines produisent les ferroalliages et le silicium dont on a besoin dans les batteries, dans le secteur de la santé, dans les composants électroniques, dans le photovoltaïque, c'est l'intérêt de la France", a-t-il insisté, jugeant que ces usines étaient "rentables" et "nécessaires pour la souveraineté industrielle".

"Il y a ici des compétences, un savoir-faire, un outil industriel nécessaire pour le développement des énergies renouvelables", a ajouté le candidat, accompagné de plusieurs responsables écologistes, dont le numéro 1 d'EELV Julien Bayou et Guillaume Gontard, sénateur de l'Isère.

S'il n'y a pas possibilité de trouver un repreneur immédiatement, Yannick Jadot propose "une renationalisation temporaire" des deux usines.

Ce n'est pas la première fois que le candidat écologiste s'intéresse au dossier: juste avant le deuxième tour de la primaire, il avait déjà rencontré à Paris les syndicalistes, et s'était rendu à l'usine pour la manifestation du 1er mai.

"On compte sur vous, on veut continuer à travailler", lui a dit Walter Wlodarczyk, délégué syndical CGT, le remerciant pour sa "fidélité" et son "engagement à nous défendre". 

Pour Mustapha Haddou, secrétaire du comité central d'entreprise, "M. Jadot vient peut-être chercher des voix, mais grâce à lui, les journalistes sont là". "L'intérêt de la Nation, c'est de sauver la filière du silicium" mais "sans les politiques, on n'a pas les moyens de faire pression", ajoute le syndicaliste.

 

            "Plus confiance"

Yannick Jadot n'est pas le seul à s'être intéressé à la situation, souligne Roger Roelandts, délégué FO, rappelant que le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon était venu sur le site isérois. "Mais Mme Hidalgo, on l'a pas encore vue", remarque-t-il.

Des élus Les Républicains, dont le député de Savoie Vincent Rolland, se sont également mobilisés. "Beaucoup d'élus d'autres forces politiques sont venus et c'est très bien, on fait de la politique pour des convictions", justifie Yannick Jadot.  

Mercredi, le Premier ministre Jean Castex, interpellé par le président du groupe écologiste au Sénat Guillaume Gontard, a annoncé que l'État avait "fait plusieurs propositions aux dirigeants de Ferropem afin de leur permettre de renforcer la compétitivité des sites, en mobilisant différentes mesures de soutien", notamment dans le cadre du plan de relance. Il a ajouté que huit repreneurs potentiels s'étaient déjà manifestés.

"Les politiques se bougent juste au moment des élections", déplore William, salarié de 33 ans dont 11 ans d'ancienneté, qui "ne vote plus" car il n'a "plus confiance".

Nabil Chaoui, 52 ans, salue lui la venue de l'élu écologiste. "On l'a vu souvent à la télé, il a parlé de nous". Il avoue qu'"au début ça fait bizarre que quelqu'un des Verts défende l'industrie et les usines. c'est bien, la politique commence à changer".