VIDÉO. Savoie : d'importants moyens déployés pour se débarrasser de la renouée du Japon, une plante invasive

Une grande opération d'éradication de la renouée du Japon a débuté sur la plaine des Hurtières, en Savoie. Cette plante invasive menace la végétation locale.

La végétation de la plaine des Hurtières est menacée par l'arrivée de la renouée du Japon.
La végétation de la plaine des Hurtières est menacée par l'arrivée de la renouée du Japon. © France 3 Alpes
Le site Natura 2000 de la plaine des Hurtières abrite des pelouses sèches, riches en orchidées, dont l'orchis punaise, protégée au niveau national. Mais la renouée du Japon l'a envahit, menaçant cette végétation locale. Le paysage y est devenu lunaire, parsemé de graviers et de terre.

Le Conservatoire d'espaces naturels de Savoie a entrepris d'éradiquer cette plante invasive. Cultivée en Asie où elle est réputée pour ses propriétés médicinales, elle est l'une des principales espèces envahissantes d'Europe. La renouée du Japon est même inscrite sur la liste des 100 espèces les plus préoccupantes. Sur la plaine des Hurtières, les engins de chantier ont déjà mis à nue cette ancienne gravière de la rivière l'Arc. De grands moyens déployés pour se débarrasser de cette plante invasive.
 
"On a « décaissé », donc terrassé des matériaux, environ 4000 mètres cubes, et on les a mis sous l'eau (pour noyer) les rhizome de ces renouées puisque c'est avec eux qu'elle se reproduit, qu'elle se développe et qu'elle prend de plus en plus de surface. En les noyant, on crée des hauts fonds pour qu'une végétation aquatique intéressante s'installe et diversifie la richesse de cette gravière", détaille Alban Culat, chargé de mission travaux au Conservatoire d'espaces naturels (CEN) de Savoie.

 

Protéger les espèces en danger


Au-delà de la végétation, c'est également un chantier bénéfique pour des espèces mythiques comme le crapaud calamite ou le petit gravelot, elles aussi en danger. Mais pas seulement à cause de la Renouée du Japon. "Ces espèces sont menacées puisque partout autour, on a soit de l'agriculture, soit des rivières complètement endiguées, soit de la forêt ou de l'urbanisation. Tous ces « no man's land » de graviers nus sont réduits à peau de chagrin", ajoute André Miquet, responsable biodiversité et territoire au CEN Savoie.

Pour préserver l'habitat de cette faune, une partie du site sera laissée en graviers. Pour le reste, le Conservatoire d'espaces naturels va replanter des graines sauvages préalablement récoltées sur place. Ensuite, pendant 1 à 2 ans, il faudra surveiller et arracher manuellement les éventuelles repousses de Renouée du Japon. Une opération à 62 000 euros, mais l'aventure ne s'arrête pas là. Ce chantier s'inscrit dans un projet de partenariat avec la vallée d'Aoste, en Italie, qui subit la même invasion.
 
Savoie : de gros moyens déployés pour se débarrasser de la renouée du Japon, une plante invasive

 
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