Solidarité : un camping de Haute-Loire propose des séjours gratuits pour les soignants

En signe de solidarité, des propriétaires de camping proposent des séjours gratuits pour remercier les soignants très actifs pendant la crise du coronavirus. En Auvergne, un camping de Haute-Loire se prépare à les accueillir. 

Les propriétaires d'un camping de Haute-Loire offrent des séjours gratuits aux soignants. Ils mettent à disposition leur chalet situé à 900 mètres d'altitude.
Les propriétaires d'un camping de Haute-Loire offrent des séjours gratuits aux soignants. Ils mettent à disposition leur chalet situé à 900 mètres d'altitude. © Laurent Quidu/France 3 Auvergne
« Pendant la crise sanitaire, nous réfléchissions sans cesse au moyen dont nous disposions pour venir en aide au personnel soignant, puis nous avons pensé à la chose que nous savions le mieux faire : accueillir »
Pour Marie et Laurent Quidu, propriétaire du camping La Chanterelle en Haute-Loire, récompenser le travail fourni par le corps médical pendant la crise est une évidence. Le couple a très vite eu l’idée de proposer des séjours gratuits dans le chalet de leur camping, lorsqu'ils pourront rouvrir : « L’idée c’est de pouvoir accueillir chaque semaine, jusqu’en octobre, des membres du personnel soignants et leurs familles » explique Marie Quidu. 
Un geste généreux pour les propriétaires. Ils ont subi de plein fouet l’impact économique lié à la crise sanitaire et ont perdu, à ce jour, près de la moitié de leur chiffre d’affaires habituel. Malgré ce triste bilan, ils n’ont pourtant pas hésité une seule seconde : « Nous avons eu le privilège d’être confiné ici pendant qu’ils contribuaient à sauver des vies chaque jour. Nous devions les remercier ! » 
Publiée sur les réseaux sociaux le 22 mars, l’annonce n’a pas mis longtemps avant d’être relayée des milliers de fois et faire « boule de neige » partout en France. Brancardiers, médecins ou encore infirmières, en deux mois, 17 familles ont réservé le chalet mis à disposition par le couple.
 

Comment en bénéficier ?


« Au début nous recevions surtout des appels parce que les gens n’y croyaient pas ou venaient se renseigner pour des proches... Aujourd’hui il ne nous reste qu’une seule semaine disponible en juin » réalise Marie Quidu. 
Car pour avoir la chance de dormir à 900 mètres d’altitude au cœur du parc naturel, rien de plus simple : il suffit de faire partie du corps médical et de fournir quelques documents « papiers d’identité, attestation du lieu de travail ou de l’hôpital, ou encore haut de sa fiche de paie » précise Marie Quidu avant d’ajouter en riant : « certains nous envoient même leur fiche de paie entière pour nous montrer à quel point ils sont sous-payés ». Après avoir étudié le profil, le couple de propriétaires envoie alors un code confidentiel au futur vacancier, qui lui permet d’être exonéré à 100% (une nuit dans ce chalet coute 50 euros en moyenne, et 90 euros en pleine saison). " Une récompense bien méritée " selon Marie Quidu.

 

Des vacances post-covid « pour oublier » 



« Certains nous disent au téléphone qu’ils ont besoin de ce séjour pour oublier et passer une bonne fois pour toute à autre chose » explique Laurent Quidu. Entouré d’immenses forêts connues pour leurs champignons, de chemins vallonnés et d’un lac classé pavillon bleu (label environnemental qui reconnait, entre autre, la qualité de l’eau), « ce camping nature » est pour Marie Quidu « l’endroit idéal pour se couper du monde et des problèmes ». Elle précise, avec un sourire, que " si son camping possède bel et bien la Wifi, les clients passent généralement la plupart de leur temps en plein air. " " Randonnées, activités sportives individuelles ou soirées karaokés espacées, nous continuerons nos activités mais en appliquant des mesures de distanciation » ajoute Laurent Quidu. Une organisation scrupuleuse qu’il attend avec impatience de pouvoir mettre en place.
 

Une relance de l’activité nécessaire



Arrêtés début mars à cause de la crise sanitaire, Marie et Laurent Quidu espèrent beaucoup de la saison estivale pour compenser les pertes économiques. Dans l’incertitude pour l’instant, ils ne demandent aucun acompte à leurs clients lors d’une réservation. Alors en attendant la décision définitive du gouvernement prévue le 2 juin prochain, ils mettent d'ores et déjà en place un protocole sanitaire strict sous le modèle du plan proposé par la FNHPA (Fédération Nationale d’Hôtellerie de Plein Air). Désinfection totale des meublés entre chaque client, vente à emporter pour le snack/bar de leur camping, gel hydroalcoolique à l’entrée de leur superette et de leur réception, ou encore distanciation dans les box sanitaires. Soutenu financièrement par l’Etat et par la région Auvergne-Rhône-Alpes, les propriétaires se préparent à investir pour limiter les risques au maximum et garantir la sécurité de leurs clients. Et pouvoir enfin redonner vie au camping qu’ils animent depuis bientôt 24 ans...
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