VIDEO. Un champignon toxique responsable des nombreux cas de maladie de Charcot en Isère et Savoie ?

Les communes de Saint-Ismier et Montchavin avaient connu un taux très élevé de la maladie de Charcot parmi leurs habitants il y a une dizaine d'années. Une étude scientifique suggère que le Gyromitre Giga, un champignon contenant une toxine dangereuse, pourrait être en cause.
La consommation du Gyromitre Giga, aussi appelé fausse morille, entrainerait des effets neurotoxiques jusqu'à endommager l'ADN.
La consommation du Gyromitre Giga, aussi appelé fausse morille, entrainerait des effets neurotoxiques jusqu'à endommager l'ADN. © France 3 Alpes

Les deux communes avaient connu une flambée des cas de maladie de Charcot. A Saint-Ismier (Isère) et Montchavin (Savoie), le mystère plane depuis une dizaine d'années sur le taux très élevé de cette terrible maladie, la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Elle se caractérise par une atrophie musculaire entraînant la perte progressive de la marche, la parole, la déglutition jusqu'à la mort du malade. Ces deux villages présentaient "une incidence anormale de cas compte-tenu des statistiques", estimait un médecin du CHU de Grenoble, évoquant une cause environnementale probable.

Le phénomène fait son apparition en 2009 dans le village de Montchavin, qui fait partie de la station de La Plagne. C'est la toute nouvelle docteure de l'époque qui remarque de nombreux cas de cette maladie chez les habitants, et constate des décès lors des années précédentes. Tout cela pour une population de 200 habitants seulement. Des recherches sont lancées tous azimuts pour trouver les causes de cette flambée des cas.

"Les premières recherches ont été effectuées sur les réseaux d'eau, sur les réservoirs, sur la distribution et on se rendait compte qu'il n'y avait rien, se rappelle le maire de La Plagne Jean-Luc Boch. Il n'y avait aucun symptôme, aucun signe, aucune trace quelconque de possibilité d'infection par l'eau. Ensuite, on a regardé si les usines d'incinération pouvaient être la cause. Tout a été analysé. J'avoue que pendant un moment, les habitants se demandaient pourquoi il y avait autant de cas dans un si petit endroit."

Un champignon toxique responsable des nombreux cas de maladie de Charcot en Isère et Savoie ?

 

Un champignon toxique en cause ?

L'énigme scientifique semble aujourd'hui résolue. Des neurologues du CHU Grenoble-Alpes ont lancé des études, puis contacté un spécialiste américain. Celui-ci fait le lien entre la maladie de Charcot et une toxine très dangereuse contenue dans un champignon, le Gyromitre Giga. Il entraînerait des effets neuro-toxiques jusqu'à endommager l'ADN de ceux qui le consomment. Or ce champignon, aussi appelé fausse morille, est ramassé et consommé par certains habitants de Montchavin.

"On trouvait des morilles énormes à ras de terre, elles n'avaient pas de pied. Elles sont magnifiques donc les gens qui ne connaissent pas ont envie de la ramasser", explique Hervé Fino, ramasseur de champignons. Le sachant toxique, il n'en a jamais collecté mais connaît des consommateurs de ce champignon atteints de la maladie de Charcot.

Reste un mystère, très troublant lui aussi. Pourquoi personne du côté des autorités sanitaires n'a prévenu la population de ne plus consommer ces champignons sur l'ensemble du territoire ? Contactés, le CHU de Grenoble et l'Agence régionale de santé (ARS) n'ont pas encore répondu aux sollicitations de France 3.

 

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