Un collectif anarchiste revendique le déboulonnage de pylônes Poma dans les Alpes

Si les faits ne sont pas avérés, le Parquet de Grenoble a néanmoins indiqué qu'une enquête était ouverte pour "menaces de dégradations". POMA est prise pour cible car elle doit construire un prototype de funiculaire pour le futur site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure dans la Meuse.
La photo postée sur le site du collectif qui revendique le déboulonnage des pylônes.
La photo postée sur le site du collectif qui revendique le déboulonnage des pylônes. © DR

Comme souvent, le message a été posté sur un site internet proche de l'ultra-gauche libertaire. "Il y a quelques jours, nous avons fondu sur des installations de l'entreprise POMA pour venger son engagement dans le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires. Nous avons choisi de cibler des lignes de téléphérique de POMA dans les stations des Alpes" peut-on lire dans un communiqué publié dimanche 12 septembre 2021.

Si elle n'a pas souhaité commenter l'information, la direction de Poma a néamoins confirmé qu'une enquête était bel et bien en cours de même que le Procureur de la République de Grenoble qui sans s'étendre a précisé qu'il s'agissait d'une enquête pour "menaces de dégradations".

Pas de faits avérés donc mais de son côté, la société d'aménagement touristique de l'Alpe d'Huez (SATA) confirme que des consignes de surveillance accrue ont été passées car effectivement "des menaces récurrentes sont proférées depuis quelques mois à l'encontre de POMA".

 

Ce que les antinucléaires reprochent à Poma

Spécialisée dans la fabrication de systèmes de transport par câble, en 2014, POMA a signé un contrat avec l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). L'entreprise iséroise doit construire un prototype du funiculaire qui serait utilisé pour descendre les déchets radioactifs à 500 mètres sous terre sur le futur site d'enfouissement de déchets de Bure dans la Meuse.

"Sans ce funiculaire, pas de Cigéo", affirment les associations écologistes qui, ces derniers mois, ont donc invité leurs militants à interpeller la société via les réseaux sociaux, par téléphone ou en direct. Message reçu puisqu'en novembre dernier, le site savoyard de POMA à Gilly-sur-Isère a été pris pour cible et tagué. "On a le droit de ne pas être d’accord et de s’exprimer démocratiquement mais là ce n’est pas le cas et ce n’est pas acceptable" avait à l'époque réagi sur France bleu Jean Souchal PDG de POMA.

Le site de POMA à Gilly-sur-Isère tagué par des antinucléaires.
Le site de POMA à Gilly-sur-Isère tagué par des antinucléaires. © DR

Ces actions se déroulent au moment ou l'enquête publique sur le projet d'enfouissement de déchets nucléaires débute à Bure et alors que le délibéré du procès de militants antinucléaires doit être rendu d'ici quelques jours. En juin dernier, sept opposants au Cigéo avaient été jugés au tribunal de Bar-le-Duc pour "association de malfaiteurs", et "manifestation illicite". En cause, une manifestation d'août 2017 qui avait donné lieu à des violences avec les forces de l'ordre et à l'incendie de certaines installations du site.

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Contesté de longue date, le projet de stockage souterrain des déchets nucléaires Cigéo, à Bure, a reçu début 2021 un avis favorable du Secrétariat général pour l'investissement. L'enquête publique préalable à la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) et à la demande d’autorisation de création (DAC) doit à présent se dérouler du 15 septembre au 23 octobre.

 

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