Vacances en Auvergne : et si vous cherchiez de l’or ?

Durant tout l’été, l’Office de tourisme Auvergne Volcan Sancy propose des sorties sur le thème de l’orpaillage. Et si, vous aussi, vous vous mettiez dans la peau d'un chercheur d’or, sur un territoire qui recèle bien des trésors minéraux.
Dans le massif du Sancy, dans le Puy-de-Dôme, vous pouvez jouer les chercheurs d'or lors d'une animation sur le thème de l'orpaillage.
Dans le massif du Sancy, dans le Puy-de-Dôme, vous pouvez jouer les chercheurs d'or lors d'une animation sur le thème de l'orpaillage. © Laurent Dufour

Ce n’est pas la « Ruée vers l’or » mais ça peut y ressembler. Durant toute la période estivale, l’Office de tourisme Auvergne Volcan Sancy propose des animations pour les touristes sur le thème de l’orpaillage. Plusieurs sorties d’une demi-journée sont programmées chaque semaine. Céline Barrat, accompagnatrice en montagne et animatrice nature au sein d’Auvergn’attitude, anime ces sorties depuis 3 ans : « On se rend au bord d’une rivière qui s’appelle la Burande, sur la commune de Singles. On accueille les gens et je leur explique ce qu’on est susceptible de trouver. On regarde des boîtes d’échantillons pour que les gens s’habituent à la granulométrie, et qu’ils voient que ce que l’on recherche est vraiment tout petit ». Elle poursuit : « On se rend ensuite au bord de la rivière. Je fais une démonstration : je leur explique où on prend les alluvions, comment on se sert de la battée. Ensuite, chaque participant a une battée et c’est parti pour de l’orpaillage : tout le monde essaie de chercher. On a aussi des petites loupes, on essaie de définir ce que l’on peut trouver, soit de l’or, soit des saphirs, des zircons, de l’olivine. Quand on arrive à les extraire, on les mets dans une boîte ».

Il faut être très persévérant voire têtu

Mais ne vous attendez pas à faire fortune lors de ces sorties : « Il nous arrive de trouver des saphirs. Quand on trouve de l’or, c’est plutôt de l’ordre de la paillette. Je pense qu’on en met pas mal au ruisseau car c’est vraiment petit et très souvent, on ne les voit pas. Assez fréquemment on trouve des petits saphirs d’Auvergne : ce sont des minéraux translucides bleus ». L’animatrice indique : « Il faut être très persévérant voire têtu. Il faut utiliser la battée longtemps et avoir un certain apprentissage. Il faut bien laver les alluvions, faire sortir les plus gros grains. On doit arriver jusqu’à un sable noir très fin qu’on appelle la magnétite, qui va se retrouver au fond de la battée. C’est dans ce sable très fin qu’on va trouver de l’or, si on doit en trouver. On récupère des alluvions sur la berge, c’est ce qui est charrié par la rivière. On les lave et on les met dans une battée, un instrument qui ressemble à un chapeau chinois. On lave bien ces alluvions. On pose la battée à fleur d’eau et on opère un mouvement circulaire. Cela fait sortir les gros alluvions, comme sous l’effet d’une petite centrifugeuse. On répète ce mouvement et on concentre les matériaux au fond de la battée. On tourne, on lave, on arrive à cette fameuse magnétite dans  laquelle on a l’espoir de trouver l’or. On croise d’autres personnes qui font de l’orpaillage dans la rivière ».

Une ancienne mine d'or

Le site de la Burande n’a pas été choisi au hasard : « Il y a de l’orpaillage à la Burande de longue date. L’histoire dit qu’il y avait une mine d’or en amont de cette rivière, au lieu-dit « Pont vieux ». On a toujours espoir qu’avec les pluies et les orages, la rivière charrie des petits restes, à la faveur d’une montée ou d’une descente des eaux et qu’elle les laisse dans les alluvions sur les berges. Cette mine d’or était une concession aurifère qui a fermé au début du XXe siècle ». Plus qu’une quête de la richesse, les touristes cherchent surtout une activité ludique : « On est à l’ombre les pieds dans l’eau dans une rivière. Il faut reconnaître que, quand il fait très chaud, c’est là qu’on est le mieux. Il y a aussi tout un imaginaire de la recherche d’or. Ca rappelle la conquête de l’Ouest. On s’imagine en chercheur d’or. On accueille des familles, des enfants. Si on trouve d’aventure quelque chose, c’est tout de suite la fête au sein du groupe. La plus belle prise est un joli petit saphir. On trouve des petits diamants semi-précieux, qui font toujours leur effet ».
 

Sur la rivière la Burande, à Singles, dans le Puy-de-Dôme, vous pouvez chercher des paillettes d'or.
Sur la rivière la Burande, à Singles, dans le Puy-de-Dôme, vous pouvez chercher des paillettes d'or. © Laurent Dufour

La richesse du Massif central

L’Auvergne est un territoire qui peut renfermer des trésors. « A l’échelle de la métropole, il y a des régions comme la Bretagne, le Massif central, les Vosges, qui sont plus riches en métaux et en minéraux. En géologie, on les appelle massifs anciens » explique Nicolas Charles, géologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Historiquement, c’est près de la Tour-d’Auvergne et de Bort-les-Orgues en Corrèze que l’on trouve les premières traces de l’exploitation d’or en Auvergne : « En termes d’or, le site de la Bessette est intéressant d’un point de vue archéologique. Ca a été l’une des premières aurières gauloises à être découverte et étudiée en France. C’est un filon aurifère qui a été exploité en partie par les Gaulois. Ils ont aussi exploité les éluvions, c’est-à-dire le démantèlement de ce filon à proximité immédiate. Cela signifie que l’on peut potentiellement trouver quelque chose sur ce site. Du temps des Romains, la Gaule était connue sous le nom de « Gallia  aurifera ». Cela a été l’une des motivations de l’invasion romaine. Les Gaulois étaient d’excellents mineurs. Dans les écrits, on parle de galeries, de tranchées, de trous construits par les Gaulois. Après les Gaulois, ça a dû être exploité au cours du Moyen-Age et ça a repris au cours du XVII mais c’est lié à des questions de stabilité politique dans ces régions. Actuellement, on parle d’indice d’or pour les géologues, il n’y a rien d’économique sur ce site ».

 En Auvergne, il n’y a que des petits indices, c’est-à-dire que si on voulait l’exploiter, ça ne serait pas rentable

Aujourd’hui, on ne trouve que de faibles traces d’or : « En Auvergne, il n’y a que des petits indices, c’est-à-dire que si on voulait l’exploiter, ça ne serait pas rentable. A proximité, en Creuse, il y a la mine du Châtelet. Historiquement on a exploité environ 11 tonnes d’or. Ca touche l’Auvergne. Dans le Cantal, il y a quelques petits indices au cœur du département. Il y en a dans la vallée de la Jordanne, où on fait de l’orpaillage. Mais ça reste anecdotique d’un point de vue économique. On trouvera pas plus que des paillettes d’or. Ca reste anecdotique ». Un phénomène physique peut expliquer la présence d’or dans les rivières auvergnates. Nicolas Charles indique : « Il faut avoir en tête qu’il y a des gisements primaires et secondaires. Les gisements primaires ont été formés en profondeur, souvent dans des filons, et c’est de l’hydrothermalisme. Ce sont des eaux chaudes qui vont précipiter des minéraux, dont du quartz. Dans ce quartz, de l’or va se retrouver piégé. Il y a de l’or et des sulfures. L’or est soit microscopique, soit parfois on le voit à l’œil nu, piégé dans le quartz. Une fois à l’air libre, les roches sont soumises aux éléments climatiques, avec un phénomène d’altération. Le filon de quartz va commencer à se désagréger. Vous allez avoir des blocs, des galets, des graviers. Ces petits grains de quartz suivent les pentes, et vont aller dans le réseau hydrographique, c’est-à-dire les rivières. Ces produits d’érosion vont être transportés dans les rivières. Les grains de quartz vont diminuer et l’or est mis en solution, dissous dans l’eau. Quand on trouve des paillettes et dans de rares cas, des pépites, l’or qui est en solution va précipiter autour du caillou.  C’est ce qu’on appelle le phénomène de pépitisation. L’or appelle l’or. Quand on va commencer ce petit bourgeon d’or, un autre or va venir se déposer là-dessus ».

L'explication scientifique

Le géologue souligne comment procèdent les orpailleurs : « L’or est très dense, 19 fois plus lourd que l’eau. Dans la nature les minéraux lourds se déposent assez vite et notamment en profondeur dans le lit de la rivière. Tout l’intérêt de l’orpailleur est de trouver où s’est déposé l’or, par densité. Dans les rivières, on va plutôt aller dans les zones de méandre, là où le courant ralentit. Il faut privilégier la partie qui est au-dessus du U formé par le méandre. C’est là où on a le plus de dépôt d’alluvions, les produits transportés par les cours d ‘eau, les graviers, les sables. L’or va se trouvé piégé là. Quand on orpaille, on prend du sable, avec des petits minéraux. On fait ça à la battée. L’objectif de la battée est de concentrer au fond de l’outil, les éléments les plus lourds. L’or est ce que l’on voit en dernier au fond de la battée ».
 

Les paillettes d'or apparaissent au fond de la battée après un certain effort.
Les paillettes d'or apparaissent au fond de la battée après un certain effort. © Laurent Dufour

La présence d'autres métaux

Mais l’or n’est pas le seul métal précieux que l’on peut trouver en Auvergne : « Il y a un cours d’eau près de Rochefort-Montagne, le Sioulot. On peut trouver, à la battée, de petits saphirs. Mais c’est tout petit, un ou deux millimètres. C’est lié à la présence de roches volcaniques qui ont emprisonné des saphirs en se formant. On trouve souvent l’olivine dans des basaltes, la roche emblématique de l’Auvergne. On peut aussi trouver des zircons au sein des roches. La Loire prend sa source en Auvergne. Dans le Loiret, certaines personnes s’amusent à faire de la battée, vers Gien et Sully-sur-Loire et trouvent des saphirs qui viennent d’Auvergne. Ca reste de tout petits minéraux, millimétriques. Il n’y a pas moyen de faire fortune ». L’Auvergne renferme d’autres richesses : « En Auvergne, on exploite toujours les diatomites, pour leur intérêt industriel. C’est une roche sédimentaire qui contient des diatomées. On l’exploite vers Murat. Elle est utilisée comme agent de filtration dans l’industrie. En Auvergne, il y a des gisements de taille européenne ».

Le scientifique poursuit : « Historiquement, le tungstène a été exploité en Auvergne à la mine de La Bosse sur la commune d’Echassières, dans l’Allier. Encore aujourd’hui on y exploite le kaolin, utile pour la céramique et le papier. Il y a des sous-produits : étain, niobium, tantale. Ces métaux sont vendus pour l’industrie encore aujourd’hui. Le tungstène a aussi été exploité dans la Cantal dans la mine de Le Camp, à la frontière de l’Aveyron. Jusque dans les années 80, on a exploité de l’uranium à la mine des Bois Noirs, dans le Forez, à Saint-Priest-la-Prugne (42). On trouve aussi de l’antimoine, un métal, à Ouche, près de Massiac dans le Cantal, et à la Bessade, sur la commune de Mercoeur, en Haute-Loire. Cela sert pour construire les semi-conducteurs notamment. Au XIXe siècle, dans le secteur de Pontgibaud, on exploitait beaucoup le plomb et l’argent. Le gisement est connu depuis l’Antiquité. La fluorine et la barytine, utiles dans l’industrie et le domaine pétrolier, ont été exploitées près de Langeac en Haute-Loire et de Le Beix près de Riom-es-Montagne dans le Cantal ». Avec ces informations, il ne vous reste plus qu’à vous équiper de bottes, d’une battée, et de compter sur votre bonne étoile pour chercher de l’or cet été. Bonne chance !

Les sorties orpaillages à Singles
  • En juillet :  les 13, 15, 16, 19, 20, 22, 23, 25, 26, 27, 29, 30
  • En août : les 1er, 2,3, 5, 6, 8, 9,10, 12,13, 15,16,17,19, 20, 22, 23, 24, 26, 27,28, 30
  • En septembre : 4,11, 18

    Tarifs :
  • Enfant de 7 à 15 ans : 8 €
  • À partir de 16 ans : 12 €
  • Remise pour une même famille applicable à partir de la 4e inscription : 1 € par inscrit.

    Renseignements : 04 73 65 89 77 ou  infostourisme@auvergnevolcansancy.com
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