Vaccination Covid : l'effet de masse a-t-il atteint sa limite en Auvergne-Rhône-Alpes ?

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Écrit par Aude Henry
Juin 2021. L'affluence baisse dans les centres de vaccination Covid pour les demandes de première dose. Pendant ce temps, les premiers cas confirmés du variant indien ont fait leur apparition en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Juin 2021. L'affluence baisse dans les centres de vaccination Covid pour les demandes de première dose. Pendant ce temps, les premiers cas confirmés du variant indien ont fait leur apparition en région Auvergne-Rhône-Alpes. © Alexandre Marchi/MaxPPP

Que ce soit à Belley dans l'Ain ou au Cheylard en Ardèche, les centres de vaccination anti-Covid connaissent une baisse flagrante de fréquentation. Faut-il s'en inquiéter alors que le variant indien a fait son apparition en Auvergne-Rhône-Alpes ? #OnVousRépond

Samedi 26 juin 2021, centre de vaccination de Belley dans l'Ain : en quelques jours, la fréquentation a baissé de 25% selon les estimations. Dimanche 28 juin : le centre de vaccination du Cheylard en Ardèche a fermé ses portes. Pourquoi ? Le manque de nouveaux candidats au vaccin contre le Covid est assurément un élément à prendre en compte. La vaccination de masse a-t-elle atteint ses limites ? Y a-t-il danger compte-tenu de l'apparition de cas de contamination par le variant indien ? Les questions méritent d'être posées.

80% de personnes vaccinées ? On en est loin

Dans son point épidémiologique de ce mercredi 30 juin 2021, l'Agence Régionale de Santé annonce que "la dynamique vaccinale se poursuit dans la région, où en moyenne 450.000 injections sont réalisées chaque semaine, soit environ 75.000 par jour." Il y a du stock et de nombreux créneaux de vaccination possible. Seulement voilà, dans certains centres de la région, du côté des rendez-vous pour une première dose, de nombreuses chaises sont inoccupées. C'est le cas à Belley, dans l'Ain.

"On voit beaucoup de jeunes qui viennent pour leur première dose. Les 35-45 ans... pffff... Ils ne sont pas pour le vaccin" lâche une infirmière du centre. Les autorités aimeraient atteindre les 80% de vaccinés "pour avoir une immunité collective". Mais la partie n'est pas gagnée. François Payebien, le sous-préfet de Belley, le reconnait. "On est à 80% de vaccination chez les plus de 65 ans , et à 66% sur les 50-75 ans." Pour les autres publics à qui la vaccination est désormais ouverte, il n'y a pas encore de bilan chiffré. Mais selon les statistiques du ministère de la Santé, le département de l'Ain est loin, très loin du taux visé. Il est de 42.2% de la population ayant reçu au moins une dose, et de 27.9% avec deux doses.

On sait que l'on s'adresse à des populations moins convaincues, qui ont peut-être moins le temps de venir se faire vacciner. 

François Payebien, sous-préfet de Belley (Ain)

Alors, comment convaincre ceux qui hésitent encore ? Les autorités ont choisi d'organiser des campagnes de vaccination plus ciblées, des opérations au plus près d'un public plus isolé. Des unités mobiles vont être ponctuellement déployées dans quasiment tous les départements de la Région. Et les appels à se faire vacciner continuent d'être rabâchés. "Il faut se montrer solidaire, penser aux autres, c'est pour le bien de tous".

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Ain. Les "1ères injections" au ralenti

"Une fin de cycle de la vaccination"

Au Cheylard en Ardèche, le centre de vaccination anti Covid a fermé depuis le 28 juin 2021. Le maire, Jacques Chabal, explique qu'il s'agit d'un "centre déporté", autrement dit il est désormais ouvert ailleurs, en l'occurrence dans la commune de Saint-Martin-de-Valamas. L'élu, médecin profession, avoue néanmoins avoir vu "une baisse importante de la demande". "La vaccination s'essouffle", rajoute-t-il, "notamment chez les jeunes." 

11.000 injections ont été réalisées depuis l'automne. "C'est énorme", dit le maire, cela fait "60% de personnes vaccinées sur le bassin de vie du Cheylard". Une fois les plus fragiles et les plus âgés vaccinés, une fin de cycle s'est en quelque sorte amorcée. Un échec ? Une inquiétude à avoir ? Pas selon Jacques Chabal. L'été, c'est un temps de pause, "où les virus diminuent en quantité compte-tenu du climat", rappelle le généraliste. Qui mise sur une sorte d'effet saisonnier. 

On regagnera très facilement 10 à 20% de demandes de vaccination à l'automne. Grâce à un autre phénomène : les gens viendront pour le vaccin contre la grippe, poseront des questions et on pourra de nouveau réensemencer l'idée de construire cette immunité collective.

Jacques Chabal, maire du Cheylard & médecin généraliste

150 centres de vaccination toujours ouverts cet été

Tous les indicateurs de suivi de l'épidémie de Covid continuent d'être à la baisse en cette fin juin, en Auvergne-Rhône-Alpes. Mais pas question de baisser la garde pour autant. Surtout avec l'apparition de cas confirmés du variant Delta. Le mutant indien. Six cas ont été détectés, selon l'Ars, en Isère et en Haute-Savoie. 

Si l'autorité sanitaire tient à rappeler que "tous les vaccins actuellement utilisés sont efficaces contre les variants en circulation", elle rajoute également dans ses messages d'information que cette efficacité est réelle une fois les deux doses reçues. "La protection est de 33% avec une dose de Pfizer ou d’Astrazeneca contre le variant Delta, alors que la protection avec une dose est de de 50% contre les autres souches du virus."

Autant dire que la vaccination de masse reste d'actualité. "Se vacciner massivement et rapidement permet justement de freiner la circulation du virus et éviter qu’il ne créé de nouveaux variants qui pourraient être encore plus contagieux", indique l'ARS. Résultat : 150 centres de vaccination resteront ouverts tout l'été en Auvergne-Rhône-Alpes. Médecins généralistes, pharmaciens, infirmiers libéraux et sages-femmes sont également habilités à administrer les doses.

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