La transmission d'entreprises à la peine

L'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) organise des réunions d'information pour des créateurs d'entreprise / © FTV
L'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) organise des réunions d'information pour des créateurs d'entreprise / © FTV

Le mode de transmission des entreprises en France est un frein à la croissance des entreprises ont estimé les notaires et experts-comptables en mai dernier. En Bourgogne entre 900 et 950 entreprises se transmettent chaque année. 

Par François Latour

Un marché paradoxal
Alors que la France va compter 700 000 entreprises à vendre dans les 10 prochaines années, seulement la moitié seront transmissibles.

"grande complexité des dispositifs", des taux d'imposition "très lourds", une fiscalité en permanence modifiée, le secteur productif est moins avantagé en France que dans l'art ou l'or.

Un frein à la délocalisation
"Favoriser et faciliter la transmission d'entreprises, c'est encourager nos entreprises à grandir, c'est sauvegarder les emplois, c'est favoriser la croissance de l'économie française", affirment l'Ordre des experts comptables, la Chambre des notaires de Paris et la Compagnie régionale des commissaires
aux comptes de Paris.

La Sâone-et-Loire plus dynamique pour les transmissions d'entreprise 
Le département de la Saône-et-Loire est en principe le plus dynamique en termes de transmission–reprise, suivi par la Côte d’Or.
Le département de l’Yonne quoique moins important reste actif. Le département de la Nièvre est habituellement le plus calme.
Pour les TPE (Très Petites Entreprises, moins de 10 salariés), l’année 2010 a enregistré une baisse des cessions de l’ordre de 20%.
Alors que l’année 2011 semblait amorcer une reprise (+17% par rapport à 2010), 2012 est à nouveau une année difficile semblable à 2010.
En 2012, la Saône-et-Loire tire son épingle du jeu avec un bon maintien des cessions mais la Côte d’Or enregistre des baisses importantes qui pourraient s’expliquer en partie par des prix de cessions nettement plus élevés et un moindre effet de levier des aides à la reprise, aux montants identiques à celles délivrées en Saône-et Loire.
Pour les PME/PMI (Petites et Moyennes Entreprises) , alors qu’il existe 4 repreneurs potentiels pour 1 PME/PMI, il y a sur le marché 4 TPE à vendre pour 1 repreneur.

Une inadéquation entre l'offre et la demande 
Les repreneurs
ont souvent  une idée assez précise de ce qu’ils recherchent, et l’entreprise idéale répondant à tous leurs critères n’existe que rarement.
Par ailleurs, les cédants qui se sont investis longuement dans le développement de leur entreprise ont développé au cours du temps un rapport affectif extrêmement fort à l’entreprise et vivent parfois difficilement l’approche chiffrée et directe de certains repreneurs, ce qui coupe cours au négociations de vente lorsqu’il y en a.
Le marché de la Transmission–Reprise est un marché au facteur humain hautement présent qui crée souvent des difficultés totalement détachées de la notion de vente ou d’achat.

Un contexte économique difficile
Les problématiques économiques engendrent des problématiques financières : le vendeur souhaite récupérer sa mise de départ complétée du gain correspondant à l’énergie investie pour le développement de l’entreprise.
Mais il se retrouve à vendre à un prix trop élevé par rapport à la capacité d’investissement des repreneurs actuels, et à leur capacité d’endettement directement liée à la rentabilité actuelle de l’entreprise.

Par ailleurs, il semble que les nouvelles politiques fiscales annoncées, notamment en termes d’imposition des bénéfices liés aux cessions d’entreprises, découragent les cédants à mettre leurs affaires en vente.



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