Le ministre du Travail était l'invité de France 3 Bourgogne vendredi 7 novembre, à 19h. Il a réagi à l'intervention de François Hollande "face aux Français".
"J'avais parlé de l'inversion de la courbe du chômage. Ce n'est pas venu, je m'en suis fait reproche parce que c'était une espérance pour beaucoup, notamment ceux qui étaient demandeurs d'emploi", a déclaré le président de la République lors d'une émission spéciale jeudi 6 novembre 2014. Un constat sur lequel François Rebsamen est revenu dans notre journal.740 000 personnes arrivent sur le marché du travail chaque année
"La vraie souffrance, c'est de voir qu'on n'arrive pas à réduire assez vite le nombre de demandeurs d'emploi", a reconnu l'ancien maire de Dijon."En France, c’est plus difficile qu’ailleurs, car il y a plus de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Ces jeunes sont souvent des « décrocheurs » et il faut s’en occuper", a argumenté François Rebsamen.
"Pour vous donner une idée, il y a 600 000 départs en retraite chaque année et il y a 740 000 personnes qui arrivent sur le marché du travail. Donc, non seulement, il faut fournir les 600 000 postes pour maintenir le niveau, mais il faut en plus avoir 140 000 postes pour faire diminuer le chômage. En Allemagne, c’est exactement l’inverse. Alors, on a la chance d’avoir une démographie importante avec des jeunes, il faut s’en occuper, il faut continuer. Les marges qu’on redonne aux entreprises, j’en suis sûr, ça va marcher. Mais, le problème, c’est que c’est long et c’est vrai que quand on est au chômage, c’est difficile", a conclu le ministre du Travail.
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Déjà dans Le Parisien du 25 octobre dernier, le discours du ministre du Travail avait tranché avec la fameuse promesse électorale. "Soyons honnêtes : nous sommes en échec" : François Rebsamen s'était montré très clair au lendemain de nouveaux mauvais chiffres du chômage. Il avait expliqué qu'il avait "beau faire feu de tout bois, il n'y a pas assez de création d'emplois".
Dans l'émission "face aux Français", le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il ne se représentera pas en 2017 si le chômage ne baisse pas. Une promesse qui pèse sur les épaules de François Rebsamen. Depuis l'élection de François Hollande, en mai 2012, Pôle emploi a vu affluer plus d'un demi-million de chômeurs supplémentaires.